22 Miles, film d’action déceptif

22 Miles

de Peter Berg

Action, thriller

Avec Mark Wahlberg, Lauren Cohan, Iko Uwais, Ronda Rousey, John Malkovich

Sorti le 26 septembre 2018

Désormais habitué des films d’action musclés et abonné à son acteur fétiche Mark Wahlberg, l’acteur-réalisateur Peter Berg sert une nouvelle fois sa spécialité sur un plateau, en s’adjoignant cette fois-ci les services de l’une des protagonistes de Walking Dead (Lauren Cohan) et du héros de The Raid 1 et 2, l’artiste martial Iko Uwais.

Surdoué recruté par la CIA, James Silva dirige une brigade d’intervention spéciale utilisée dans les situations extrêmes. Postée en Indonésie, cette équipe va être en charge de l’exfiltration de Li Noor, un policier local détenant des informations décisives pour la sécurité mondiale. Les 22 miles que devront parcourir les agents et leur protégé de l’ambassade à la piste de décollage seront un véritable parcours du combattant, tant plusieurs forces en puissances semblent avoir intérêt à ce que Noor ne quitte pas le sol indonésien.

Si le postulat de base de ce thriller d’action est des plus classiques, le film recèle quelques petites originalités qui le font sortir du lot. Outre le fait que Peter Berg semble s’être pris de passion pour Iko Uwais et ses prouesses physiques, quitte à presque éclipser un Mark Wahlberg en mode « Rain Man » – assez crispant dans une composition toute en nerfs –, il faut noter que la principale bizarrerie de ce film, a priori de consommation courante, est son final, lequel lui confère une dimension déceptive et une place assez particulière au sein du genre qu’il aborde.

Sans trop en dévoiler, on peut dire que le dénouement n’est pas celui qui était attendu et que, en regard de celui-ci, le film est à reconsidérer sous un autre angle, remettant en question les tenants et aboutissants de son scénario. Le spectateur découvre alors, médusé, qu’à la manière d’un film d’arnaque, 22 Miles lui a joué un tour pendable en lui faisant croire à une chose pour mieux en dissimuler une autre. Ce tour de prestidigitation cinématographique peut tout aussi bien être mis à l’actif qu’au passif du film, suivant le fait que l’on accepte ou non de s’être fait rouler dans la farine. Beau joueur, votre serviteur a assez bien pris la chose, ce qui ne semble pas être le cas de la critique américaine, qui a pratiquement rejeté le film en bloc.

Thibaut Grégoire
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Journaliste du Suricate Magazine