Un look d’enfer pour le 39ème tome de Cédric

cédric un look d'enfer couverture

scénario : Cauvin
dessin : Laudec
éditions : Dupuis
sortie : 3 avril 2015
genre : humour

Quand une BD a atteint un nombre de tomes aussi impressionnant, et qu’elle s’est imposée à travers les générations avec autant de constance, il est difficile de lui appliquer un travail critique traditionnel et de dire ce qui fonctionne ou pas dans ce qui est devenu une recette, un système à part entière.

Cédric fait partie de ces séries qui ne bougent pas d’un pouce depuis sa création, qui capitalise sur des gags récurrents et des « gimmicks » que les lecteurs se plaisent à retrouver d’album en album. On retrouve donc ici le petit garçon hirsute au caractère bien trempé, son papy tantôt irascible tantôt hilare mais diablement sympathique, son camarade et souffre-douleur Christian, ou encore son amoureuse chinoise Chen.

Pour qui n’aurait pas lu de Cédric depuis quinze ans, il ne risque pas d’être dépaysé tant tout ce qui a fait le succès des premières heures est là, intact et immuable. Les lecteurs les plus jeunes y trouveront des gags toujours efficaces – le grand-père se moquant de la coupe de cheveux peinturlurée de son petit fils, le même grand-père assailli par les poux, ou encore le pauvre Cédric se retrouvant les fesses par terre après avoir voulu faire le malin au golf – mais aussi de petites morales toujours bien senties – rien ne sert de se faire passer pour ce que l’on n’est pas ; peu importe la taille du cadeau, c’est le geste qui compte ; etc. –, tandis que les adultes y retrouveront un charme discret lié à leur propre enfance, et une petite nostalgie pas désagréable.

Quoi qu’il en soit, Cédric a encore de beaux jours devant lui, tant sa galerie de personnages lui permettent d’évoquer toute une série de sujets inépuisables et déclencheurs de rires ou de réflexions – le couple par l’intermédiaire des parents, le passé par celui du grand-père, les maladies, l’école, le sport, la télévision et bien d’autres choses par le biais de tous les enfants et adultes qui composent l’entourage du jeune héros. Pour toutes ces raisons, la série de Laudec et Cauvin représente l’archétype même d’une bande dessinée intergénérationnelle et fédératrice, drôle et bienveillante.

Thibaut Grégoire
A propos Thibaut Grégoire 300 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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