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    Zazous, une pièce au tempo endiablé qui résonne avec l’actualité

    La saison théâtrale touche bientôt à sa fin et le Théâtre Le Public a encore quelques surprises dans son sac. On retrouve dans la Grande Salle, Big Mother, le succès parisien sur la politique américaine, de Mélody Mourey, qui vient chez nous pour monter la pièce avec des comédien.nes belges. Du côté de la Salle des Voûtes, on retrouve une pièce sur le cinéma avec Erika Sainte et Laurent Capelluto basée sur le roman de Fabrice Caro, Journal d’un scénario. Mais ce qui nous intéresse ici est une création et pas une reprise ou une adaptation !

    Ecrite pas la co-directrice du Public, Patricia Ide et l’actrice Laure Godisiabois, on a découvert dans la Petite Salle, la Première de Zazous, des lendemains qui chantent. Pour ceux qui l’ignorent, les Zazous, c’étaient des jeunes aux looks excentriques qui aimaient passionnément la musique jazz américaine et qui refusaient l’ordre établi qu’on leur imposait lors de l’occupation par les Allemands au début des années 40. En Allemagne, on les retrouvait sous le nom de Swingjugend ou des Swing-Heinis (nigauds swings) – on vous invite d’ailleurs à découvrir un film sur le sujet, Swing Kids, sorti en 1993 et qui vaut le coup d’oeil pour les scènes de danses époustouflantes. On retrouvait aussi l’équivalent en Russie, les Stiliagui qui s’opposaient à l’austérité communiste (qui a aussi eu droit à un film en 2008).

    Il faut le dire d’entrée de jeu : cette critique pourrait être un peu moins objective qu’à son habitude car l’auteur est quelqu’un de passionné d’histoire sur la Seconde Guerre mondiale et un adepte de la musique et de la culture swing et Zazous, des lendemains qui chantent, c’est justement l’histoire de jeunes passionnés de swing qui résistent à l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale. De plus, cette contre-culture n’a pas été souvent représentée dans la littérature ou au cinéma et cela rend encore plus excitant de découvrir cette période dans une création théâtrale.

    Mais ces Zazous n’est pas que ça évidemment, c’est aussi un spectacle haut en couleur porté par deux comédiens, deux comédiennes et un musicien talentueux qui nous emportent durant une heure et demie dans leur monde de révolte, de folie, d’absurdité, de chants, de musiques et de danse, jusqu’à nous faire même oublier qu’ils n’ont pas vraiment l’âge des personnages qu’ils interprètent. Tout ceci sans tomber dans le piège du cours d’histoire, grâce à un rythme bien dosé entre spectacle et faits réels.

    Finalement, Zazous, des lendemains qui chantent devrait plaire au plus grand nombre car, avant d’être le témoignage d’une période historique, est avant tout un grand spectacle légèrement à l’étroit dans cette petite salle (même si l’endroit colle parfaitement à l’intrigue) et dont les places sont parties à toute vitesse – le spectacle est déjà sold out et reprogrammé au début de la prochaine saison. Mais surtout, cette pièce qui témoigne du passé résonne malheureusement avec notre actualité et démontre que ce n’est pas nouveau, que la liberté et l’art dérange les différents fascismes !

    Et vous, serez-vous Zazous ?

    Loïc Smars
    Loïc Smarshttp://www.lesuricate.org
    Fondateur, rédacteur en chef et responsable scènes du Suricate Magazine

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