UNTITLED_I Will Be There When You Die aux Halles de Schaerbeek

D’Alessandro Sciarroni, avec Lorenzo Crivellari, Edoardo Demontis, Victor Garmendia Torija, Pietro Selva Bonino

Le 7 mars 2015 à 20h30 au Halles de Schaerbeek

Le chorégraphe Alessandro Sciarroni revient à Bruxelles avec sa nouvelle création originale, UNTITLED_I Will Be There When You Die. Fort de son succès sur la scène européenne, le metteur en scène italien explore avec ce spectacle le domaine de la jonglerie. Sur scène, quatre artistes articulent une danse frénétique et explorent l’espace à l’aide de leurs quilles. Concentration et angoisse sont palpables alors que le rythme s’accélère et que l’outil du jongleur prend de la hauteur. Entre audace et mise en danger, c’est toute la fragilité de l’être que cette création questionne. Et lorsqu’un instrument choit, l’artiste s’arrête et contemple les autres afin de comprendre, peut-être, ce qui se joue alors.

Dans le décor de toiles tendues de la grande salle des Halles de Schaerbeek, le gigantisme du cadre accueille en ses bras la petitesse de l’homme et toute la magie qui opère dans le geste. Bien que les dix premières minutes trainent un peu en longueur, le visuel qui se projette dans le silence pose déjà les bases d’un spectacle hypnotique. Et alors que – timides d’abord – certaines notes émergent de la console, on comprend que le cheminement des corps et de leurs outils d’expression progresse. Chacun à leur tour, les jongleurs quittent le plateau pour y revenir les mains plus pleines encore. Comme une compétition sans fin, à l’image de ce qui s’observe entre les humains, au quotidien : une course infernale du soi avec les autres. Ce qui fonctionne le mieux dans UNTITLED_ I Will Be There When You Die, ce sont les effets de surprise qui s’injectent au compte-gouttes pour vous secouer un peu et vous éclairer au fur et à mesure. Quand, soudain, ce qui semblait être anarchie devient une danse menée à l’unisson et lorsque, sans l’avoir vu venir, on a l’impression que les quilles planent comme en apesanteur, on comprend que le ballet commence. Et c’est la beauté du geste dans la répétition qui vous fait ouvrir de grands yeux, comme un enfant.

Justine Guillard
A propos Justine Guillard 91 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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