
The Penguin Lessons
Réalisateur : Peter Cattaneo
Genre : Drame
Acteurs et actrices : Steve Coogan, Jonathan Pryce, Vivian El Jaber
Nationalité : Grande-Bretagne, Espagne
Date de sortie : 17 décembre 2025
Enseigner par la méthode pingouin : l’idée semble folle, et pourtant l’histoire qui l’inspire est bel et bien réelle.
Buenos Aires, 1976. Alors que l’Argentine s’apprête à basculer dans un coup d’État militaire, Tom Michell, professeur d’anglais tout droit venu du sud de l’Angleterre, pose ses valises au prestigieux collège Saint George. Il y découvre une classe de garçons fougueux, turbulents, qu’il peine à apprivoiser. Rien ne semble fonctionner… jusqu’à ce jour où Tom introduit Juan Salvador, un Manchot de Magellan, à ses élèves.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’histoire est tirée de faits réels et s’inspire des mémoires de Tom Michell publiées en 2015. Difficile d’imaginer une situation plus improbable que celle qui unit le professeur d’anglais à ce compagnon à plumes. En vacances en Uruguay, le professeur sauve le pingouin englué dans une marée noire, moins par héroïsme que pour impressionner une conquête. Le film s’amuse de cette motivation peu glorieuse, avant de basculer dans une relation inattendue : l’animal, reconnaissant, s’accroche à son sauveteur. Résultat, Tom se retrouve à faire voyager le pingouin jusqu’en Argentine, en toute discrétion, et à partager son quotidien avec un colocataire aussi attendrissant qu’envahissant.
L’œuvre se révèle touchante, notamment dans la manière dont elle explore le lien entre l’homme et l’animal, et les bienfaits insoupçonnés qu’une telle rencontre peut apporter. À son arrivée dans ce pays fracturé, Tom affronte la solitude. L’irruption de Juan Salvador insuffle alors légèreté et réconfort dans un contexte marqué par la crise politique. Le personnel de l’école comme les élèves s’attachent peu à peu à ce compagnon improbable, allant même jusqu’à se confier à lui, en tête-à-tête, sur leurs tourments quotidiens.
Cependant, le film dit peu du climat politique argentin. Il choisit de laisser hors champ les violences, les dérives et les horreurs du régime en place. Certaines zones d’ombre restent entières, comme le séjour en cellule que Tom aurait subi après avoir été arrêté. Était-il pertinent d’écarter ces éléments ? Peut-être. Le projet semble avant tout centré sur la relation entre l’homme et l’animal.
Faut-il voir dans ce film une déclaration d’amour aux animaux et à leur fidélité inconditionnelle ? Probablement. Car si l’histoire est vraie, la rencontre entre Tom et Juan Salvador n’a rien d’anodin : elle surgit dans un moment de profond trouble pour le professeur. Difficile de ne pas voir en ce film des allures du chef d’œuvre de la « Dead Poets Society », avec forcément moins de charisme que Robin Williams… et nettement plus de plumes.
