
Les Filles du ciel
Réalisatrice : Bérangère McNeese
Genre : Drame
Acteurs et actrices : Héloïse Volle, Shirel Nataf, Yowa-Angélys Tshikaya
Nationalités : Belgique, France
Date de sortie : 8 avril 2026
Avec ce premier long-métrage, Bérangère McNeese s’empare d’un sujet délicat sans céder au pathos. Elle y esquisse le portrait d’une sororité imparfaite, où l’entraide cohabite avec les fractures et le futur.
« Tu dors ? Tu veux rester là ? » Tels sont les premiers mots qui sauvent sans doute Héloïse d’un quotidien étouffant et sans repères. En fugue de son foyer pour mineurs, cette adolescente de 15 ans croise par hasard le chemin de Mallory, qui lui ouvre les portes du « Ciel ». Un nom sans doute chargé de beaucoup de promesses et d’espoir, qui désigne ces quelques mètres carrés nichés au dernier étage d’un immeuble résidentiel.
Dans cette colocation exclusivement féminine, Héloïse découvre une forme de famille recomposée, faite de débrouille, de solidarité et de blessures partagées. Aux côtés de Mallory, Jenna et Mona, elle s’immerge dans un quotidien où le « chacun pour soi n’existe pas ». Ici, tout se partage, même les maigres gains des petits boulots fastidieux. Mais derrière cette solidarité apparente, les failles individuelles ressurgissent rapidement.
Bérangère McNeese, actrice et réalisatrice belgo-américaine, s’attaque ici au drame pour son premier long métrage, en explorant une situation intime aux résonances profondément contemporaines : que fait-on d’un enfant non désiré ? Le film trouve ainsi sa force dans la manière dont il met en tension l’expérience individuelle et le poids du collectif. À travers Héloïse, chacune projette ses désirs et convictions, au risque de brouiller, voire d’étouffer, la voix de la principale concernée.
Porté par un quatuor d’actrices talentueuses et très prometteuses, le récit oscille entre dureté et légèreté. « C’est vrai que la trame est plutôt dramatique, mais les personnages sont rigolos. Les filles ont de la répartie. Je les trouve un peu marrantes. », confiait la réalisatrice sur le plateau de Culture en Prime. Les dialogues, souvent vifs et teintés d’humour, empêchent le film de sombrer dans un misérabilisme facile et lui confère une énergie bienvenue. « L’idée, c’est que le film ne s’adresse pas qu’aux femmes. J’espère qu’il s’adressera à tout le monde et posera la question d’où se placer pour être un allié. »
