The last supper au Bozar

Texte et mise en scène de Ahmed El Attar avec Boutros Boutros-Ghali, Mahmoud EL Hadad, Mohamed Hatem, Nanda Mohammad Khaled, Abdel Rahman Nasser, Sayed Ragab, Mona Soliman, Marwa Tharwat, Mona Farag, Ahmed Farag, Ramsi Lehner – Crédit photo : Mostafa Abdel Aty
Du 20 janvier au 21 janvier 2016 au Bozar

« The last supper » nous convie à un souper dans une famille aisée égyptienne. Onze personnes se réunissent pour passer un moment convivial. Mais sous les babillages et la bonhomie apparentes se montrent rapidement l’ignominie et la déliquescence morale et éthique.

Une fois n’est pas coutume, The last supper est une pièce en arabe surtitrée en néerlandais et en français. Malheureusement, à ce stade-ci, les choses ont déjà mal commencé. Si l’opéra peut se permettre le recours aux surtitres, c’est impensable au théâtre. Lire des répliques (pas très voyantes de surcroit) tandis que des personnages, menant plusieurs actions à différents endroits de la scène parlent vite, fort et simultanément, même Ethan Hunt ne pourrait y prétendre.

Et pourtant, ayant le goût du défi, avec toute notre concentration, nous attaquons la grosse pièce – une antithèse en réalité puisque le spectacle ne dure qu’une heure. Mais là aussi, nous restons sur notre faim. Peut-être le texte en langue originale convie-t-il des boutades et des jeux de mots, comme le laisse supposer certains rires dans un public polyglotte. En français néanmoins, nous avons peu de bons mots à nous mettre sous la dent. Et cela est en partie dû au fait que tous les personnages ayant du texte sont stéréotypés : le réac’ raciste, l’obsédé de la quantification (surtout en dollars), l’égoïste übersexuel, la bombasse écervelée, la vraie fausse matriarche et le salaud persécuteur. À leurs côtés, ce ne sont pas moins de 5 personnages qui restent sous-exploités, sans texte ni expression physique. Et rien n’est fait non plus du personnage de la tante dont l’absence ne sert aucun prétexte. Bon gré mal gré, la pièce est rythmée par quelques arrêts « sons et lumières » qui ne parviennent cependant pas à masquer le manque de cadence d’un spectacle sans climax ou point d’orgue, et sans fin.

Finalement, alors qu’on nous annonçait un plat décadent, The last supper est une tranche d’immoralisme sans saveur et sans piquant.

Elodie Mertz
A propos Elodie Mertz 117 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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