Sujet 375 de Nikki Owen

Sujet 375

auteur : Nikki Owen
édition : Super 8
sortie : octobre 2015
genre : polar

Premier livre de son auteur et d’une trilogie en cours de publication, Sujet 375 installe un climat nerveux et paranoïaque, tournant autour de son héroïne, atteinte du syndrome d’Asperger. Tout étant raconté du point de vue de celle-ci, le livre joue sans cesse sur la limite entre la réalité et la fiction, le ressenti et les faits.

Accusée du meurtre sauvage d’un prêtre catholique, le docteur Maria Martinez, spécialiste en chirurgie réparatrice, croupit en prison en attendant son procès, tout en essayant de démêler le vrai du faux. Assaillie de flashs contradictoires concernant l’assassinat dont on l’accable et malmenée par des thérapeutes qui essayent de lui faire avouer sa folie, elle enquête intérieurement sur sa propre affaire. Alors qu’elle semble découvrir un complot mettant en cause le MI5 et un mystérieux Projet dont elle aurait été le sujet, Maria se demande si ces choses sont bien réelles ou si elles ne sont que le fruit de son imagination.

Le roman joue énormément sur cette dimension de vrai ou faux et sur la folie présumée du personnage, à tel point qu’une bonne partie des rebondissements de l’intrigue sont constamment remis en cause. C’est une expérience assez perturbante et frustrante pour le lecteur. Est-que ce que l’on vient de lire doit être pris pour argent comptant ou n’est-ce que du vent ? Durant au moins les deux tiers du livre, cette question reste sans réponse, donnant l’impression d’une mauvaise blague jouée au détriment du lectorat.

Malgré tout, l’écriture nerveuse, l’abondance de dialogues et le point de vue immersif nous tiennent en haleine et l’envie de connaître le fin mot de l’histoire reste la plus forte. Et c’est là que Sujet 375 s’avère, une seconde fois, terriblement frustrant, puisque si l’on finit par avoir une idée de la véracité ou non du vaste complot découvert par Maria, on laisse celle-ci avec plein de questions en suspens, dans l’attente d’une suite amorcée de façon très cavalière par une conclusion ouverte et expéditive. Ce premier tome ouvre donc l’appétit pour d’autres que l’on espère plus consistants et moins évasifs.

On achève la lecture de Sujet 375 sur une note plus que mitigée, partagé entre l’impression d’avoir été floué et celle d’être entré dans un univers prometteur qui attend encore pour abattre ses meilleures cartes.

A propos Thibaut Grégoire 365 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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