Stone Temple Pilots : Core (25th Anniversary Edition)

Le 3 décembre 2015 disparaissait Scott Weiland, le chanteur de Stone Temple Pilots et l’une des dernières icônes de la grande période du grunge. Ayant une personnalité bipolaire et étant de plus accro à la drogue depuis des années, Weiland s’était définitivement (semble-t-il) séparé de Stone Temple Pilots dont il était le leader depuis la création du groupe en 1989.

Ses nombreux déboires avaient souvent affecté la carrière du groupe qui se voyait parfois contraint d’écourter ses tournées ou de carrément devoir faire un album sous un autre nom (Talk Show) et avec un autre chanteur pour pouvoir continuer à exister pendant que Scott était en désintox.

Et on ne peut pas dire qu’il était plus responsable vis-à-vis de sa famille. Divorcé de sa seconde femme, la modèle Mary Forsberg en 2007, Scott n’avait pratiquement fait aucun pas pour revoir ses deux enfants, préférant jouer la rockstar trop occupée (Une histoire que son ex-femme a tenu à révéler pour montrer à ses fans qui était vraiment Scott Weiland).

Ces dernières années, il avait décidé de se concentrer sur sa carrière solo et de cracher sur son ancien groupe qui voulait mettre à l’honneur leur premier album Core lors d’une tournée anniversaire qui était censée célébrer les 20 ans de ce chef-d’oeuvre de la grande époque. Ce disque qui les avait propulsé au sommet dès le début de leur carrière.

Car en 1992, on était en plein boum du Grunge. Le style avait supplanté le Heavy Metal grâce au succès de Nevermind de Nirvana qui avait propulsé le genre sur le devant de la scène musicale. Des groupes comme Soundgarden, Pearl Jam, Alice In Chains étaient alors au sommet de leur gloire. Et l’arrivée de Stone Temple Pilots dans le haut des charts se fit donc assez aisément dès le lancement du single Plush

 

 

Mais le comportement de Weiland fit vite basculer le groupe dans une constante incertitude qui les contraint à se séparer plusieurs fois.

Bref, la vie de Scott Weiland fut finalement un triste échec. Doué d’un talent fou, il tomba comme Layne Staley dans la drogue et ne s’en releva pas malgré les apparences.

En effet, lors d’un de ses derniers shows avec son groupe les Walkabout, Weiland avait fait une prestation complètement à côté de la plaque et avait dû faire un communiqué sur le fait qu’il ne se sentait pas en forme ce soir-là à cause des médicaments qu’il prenait et qu’il avait abandonné la drogue depuis plus de dix ans. Son overdose dans le tour bus quelques  jours plus tard témoignera du contraire malheureusement.

 

 

STP essaya de survivre en remplaçant Scott Weiland par Chester Bennington (le chanteur de Linkin Park). Mais la collaboration ne fut que temporaire et ce dernier qui n’allait pas très bien non plus finit d’ailleurs par se suicider en juillet dernier.

Bref, Stone Temple Pilots est décidément un groupe maudit mais ne baisse pas les bras et cherche toujours activement un remplaçant pour faire redémarrer la machine.

En attendant, le temps passe et des 20 ans où on était supposés fêter le début du groupe, nous voici à présent aux 25 ans de l’album Core. Autant dire qu’en l’absence de nouveautés et en ayant déjà utilisé le joker du best of, il devenait urgent pour STP de sortir quelque chose pour les fans et ne pas sombrer de nouveau dans l’oubli.

Et voici donc que sort en grandes pompes la version remasterisée de l’album mythique accompagnée d’un disque bonus de démos et lives de l’époque.

Alors, n’ayons pas peur des mots, il y a à boire et à manger dans cette réédition. Certes, l’album a été remasterisé, mais cela ne se remarque malheureusement pas lorsqu’on écoute l’album. On a beau comparer à l’original, les nuances sont tellement infimes que cela passe plus pour du snobisme auditif.

Mettre la mention « remasterisé » à un morceau qui a un son déjà presque parfait, ça donne bien dans le monde d’aujourd’hui où l’auditeur perd de plus en plus son esprit critique et se contente du son compressé du MP3, mais c’est à peu près aussi risible que la version vinyls audiophyles 180 grammes de Nevermind pour un groupe comme Nirvana qui cherchait justement à avoir un son “crade”. Cela n’a aucun sens et aucun intérêt si ce n’est se remplir les poches.

Alors sans doute que l’une ou l’autre dynamique a été renforcée sur certains morceaux. De là à préférer cette nouvelle version, il y a un pas.

Il y a aussi le disque bonus sur lequel on retrouve quelques démos et live de l’époque. Mais les fans seront encore une fois déçus du contenu de ce disque puisque ces démos étaient disponibles sur la toile depuis de nombreuses années. Le groupe s’appelait alors les Mighty Joe Young. La différence avec cette nouvelle version est qu’il n’y a pas toutes les démos d’origine et qu’on a trafiqué le son pour rendre ces démos plus audible et les adapter en stéréo.

Côté live, il faut acheter le coffret complet avec les 4 disques pour vraiment savourer le concert Unplugged enfin disponible officiellement et pas mal de chouettes live de l’époque. Mais si l’on prend la version 2 CD, il n’y a presque rien à découvrir. Dans le livret, aucune note du groupe, aucune biographie. Rien qui nous fasse revivre la belle époque si ce n’est quelques photos.

 

 

Bref, cette réédition aura certainement comme un goût de trop peu pour les fans sauf s’ils cassent leur tirelire et on ne peut cautionner cela. Voilà pourquoi nous mettons la note de 5/10.

Bien sûr Core est un excellent album (probablement le meilleur aux yeux des fans) mais cette réédition ressemble plus à une plaisanterie de mauvais goût qu’à un réel investissement de la part du groupe et des gens qui l’ont conçue. Comme quoi surfer sur la vague en proposant des rééditions à prix fort, ça a ses limites.

Le seul intérêt ici étant pour ceux et celles de la nouvelle génération qui pourront découvrir ce groupe mythique que fut Stone Temple Pilots en attendant leur prochain album.

 

Pour en savoir plus sur cette réédition et l’actualité du groupe, consultez leur site web en cliquant ici.

 

Note : 5/10

Christophe Pauly
A propos Christophe Pauly 485 Articles
Journaliste et photographe du Suricate Magazine