« Space Cadet », la revanche d’Erin Brockovich dans l’espace ?

Space Cadet
de Liz W. Garcia
Comédie
Avec Emma Roberts, Tom Hopper, Gabrielle Union
Sur Amazon Prime à partir du 4 juillet 2024

Il y a quelques jours, sortait sur Amazon Prime, ce film au tire intrigant : Space Cadet. Un film qui promet une aventure spatiale avec Emma Roberts en blonde délurée qui semble ne pas être à sa place au milieu des scientifiques surdiplômés de la NASA. Immédiatement, on pense à des comédies comme Private Benjamin avec Goldie Hawn ou La Revanche d’une blonde avec Reese Witherspoon, à des téléfilms Disney Channel comme Cadet Kelly avec Hilary Duff ou même encore à Erin Brockovich (où la vedette était Julia Roberts, la tante à la ville de l’actrice principale de ce film).

Malgré les similitudes avec tous ces films, c’est surtout au niveau des téléfilms Disney Channel ou des romcoms de Noël – dont Netflix nous abreuve tous les mois de décembre – que se situe cette pantalonnade spatiale. Pourtant, au vu des films cités plus haut, il y avait de quoi faire avec ce concept de chouette comédie sans prétention. Malheureusement, le ridicule et la faiblesse du scénario l’ont emporté sur l’humour.

Tout commençait plutôt bien, la présentation de Rex Simpson est touchante : une fille du fin fond de la Floride partage la passion de l’espace avec sa mère et lui promet de conquérir les étoiles. Après l’école, elle reçoit même une bourse pour des études supérieures, mais le décès de sa mère change ses plans et elle préfère rester auprès de son père. On retrouve alors Rex qui travaille comme barmaid pour survivre mais qui sort du lot par son intelligence, sa débrouillardise et ses nombreux bricolages qui facilitent la vie de ses relations ou servent à protéger la faune locale.

On a donc une héroïne qui ressemble plus à Erin Brockovich dans cette catégorisation de la femme intelligente qui a du sacrifier ses capacités pour la vraie vie. Mais pourtant, quand par un irréaliste concours de circonstance (et un CV survitaminé mais jamais vraiment vérifié), elle est convoquée pour un recrutement à la NASA, elle est tout à coup catégorisée comme une idiote blonde et écervelée. Ce qui est étrange alors qu’auparavant, elle ne l’était pas dans l’introduction du film… Pourtant, il faut que le personnage paraisse stupide pour les antagonistes, pas pour le spectateur. A vouloir trop montrer le décalage entre les deux univers, le film en oublie tout l’intérêt du personnage et il faudra attendre trop longtemps pour qu’il redevienne intéressant et montre ses capacités d’adaptation.

De plus, les « trouvailles » scénaristiques pour la faire atterrir à la NASA et lui faire réussir les épreuves au fur et à mesure de la sélection sont bien trop faibles et on se désintéresse peu à peu de son cheminement. En rédemption de son mensonge concernant sa légitimité à « être là », on affuble le film d’un final improbable digne des pires films catastrophes. Au milieu de tout ce bazar, on retrouve quand même quelques trucs réussis : un bon début, des moments plus que feel good et quelques personnages hautement sympathiques à l’image de l’actrice Emma Roberts qui fait tout ce qu’elle peut pour rendre son personnage attachant. C’est peu mais cela peut permettre aux aficionados du genre de s’en contenter.

A propos Loïc Smars 489 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine