Sawah, les tribulations d’un DJ égyptien au Luxembourg

Sawah
d’Adolf El Assal
Comédie
Avec Karim Kassem, Eric Kabongo, Nilton Martins
Sorti en VOD le 7 avril 2020

Après Les gars, une comédie potache qui a eu son petit retentissement dans son pays, Adolf El Assal continue de mettre le Grand-Duché au Luxembourg au cinéma avec beaucoup d’autodérision. Cette histoire d’un DJ arrivé par erreur dans un pays qu’il ne connait pas fait sens avec les origines du réalisateur. Né en Egypte, il a lui aussi débarqué au Luxembourg étant jeune, un peu par erreur. Il s’est donc inspiré de son expérience personnelle pour étoffer son histoire.

On suit le parcours de Samir, un jeune DJ qui gagne un concours dans son Egypte natal et qui reçoit en récompense, la participation aux championnats du monde de la discipline à Bruxelles. Mais le printemps arabe est sur le point d’éclater et sa fiancée et son meilleur ami préfèrent rester sur place pour participer à ce moment historique. C’est donc tout seul qu’il va découvrir le froid européen. Suite à une grève, les passagers à destination de Bruxelles sont débarqués à Luxembourg pour prendre un bus qui les amènera à destination. Mais pas de chance, pendant une pause sur une aire d’autoroute, il est confondu avec des migrants qui tentent de passer la frontière et se faire arrêter la police. Le voilà tenu de rester dans le Grand-Duché, sans papier, sans personne qui le croit, alors qu’il lui reste 48h pour rejoindre la compétition qui changera sa vie.

Sur le papier, le pitch de Sawah est vendeur et promet un road movie sans prétention. Malheureusement à l’écran, la sympathie du héros et de son compagnon de route ou encore l’originalité de voir cet égyptien perdu au milieu du minuscule pays luxembourgeois, sont noyés au milieu de rebondissements invraisemblables et quelque peu trop lourdingues. Pour résumé, tous les personnages qui tournent autour du protagoniste (hormis sa fiancée, son père et son compagnon de route) sont caricaturaux et insupportables : un meilleur ami inutile, des flics luxembourgeois idiots, une famille violente de gens du voyage, le mec qui lui vole son identité, etc.

Si un road movie demande à son héros de rencontrer des gens durant son périple, ils desservent ici le récit. Il ne reste au final qu’un héros très sympathique et son envie de sortir de sa condition – sur fond de printemps arabe – et la surprise de voir un Grand-Duché du Luxembourg différent. Ce qui est peut-être déjà pas mal.

A propos Loïc Smars 346 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine