Sanseverino : Le petit bal perdu

Un an après son dernier album Honky Tonk, Sanseverino propose une compilation de reprise de morceaux des années trente aux années soixante, mais remis à sa sauce. Pas question pour l’artiste de livrer de simples reprises à peine arrangées, Le petit bal perdu reprend treize titres d’époque travaillé sur base de jazz manouche. A l’écoute de ce nouvel opus, on retrouve le style de Sansévérino que l’on a pu déjà apprécier dans ses précédents albums : une grosse dose de folk mélangée à un style jazz.

Johnny, tu n’es pas un ange est une reprise d’Edith Piaf de 1953. A cette version langoureuse et suave à la Piaf, Sansévérino y confronte une version nettement plus jazzy et manouche. Une belle introduction instrumentale donne d’ailleurs directement le ton. Une voix féminine vient également s’adjoindre à celle du chanteur pour le refrain et certains couplets.

Avec Un dur, un vrai, un tatoué, Sanseverino reprend une chanson de film de Fernandel de 1938. Même remaniement à la sauce Sansévérino pour ce titre : une belle intro suivie de ce style foncièrement plus folk. Le chanteur commence par des paroles beaucoup plus doucerettes que la version originale pour se définir comme un dur et tatoué, mais le ton se durcit et gagne en intensité pour devenir un vrai dur à la fin du titre !

En sortant de l’école, est un poème de Jacques Prévert paru dans son recueil Paroles de 1945. Germaine Montero l’a notamment chanté en 1952, ainsi qu’Yves Montand. Mais qu’en a fait Sansévérino ? Et bien une reprise nettement plus rythmée et chantée à sa sauce.

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Ainsi, Sanseverino reprend : Route nationale 7, une chanson de Charles Trenet de 1959 ; Ce petit chemin, chanson de Mireille Hartuch de 1932 ; Sombre dimanche un morceau de jazz écrit en 1933 par l’artiste Hongrois Rezső Seress ; La Java des bombes atomiques, poème de Boris Vian de 1955 ; Le petit bal perdu de Bourvil datant de 1961 ; ou encore Supplique pour être enterré à la plage de Sète de Georges Brassens de 1966.

L’idée reste la même au fur et à mesure des reprises mais n’est nullement dérangeante ou redondante. L’artiste ajoute sa patte rythmiquement, mélodiquement et vocalement sur les titres, donnant pour résultat des morceaux où l’on oublie complètement la version originale pour se plonger dans l’univers de Sanseverino. Un plaisir musical plein d’humour et de swing.

Déborah Lo Mauro
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