Le 21 mars, les lauréats du 26e Grand Prix Press Cartoon Belgium ont été annoncés à Knokke-Heist, à l’occasion de l’ouverture du Cartoonfestival. Les prix récompensent les meilleurs dessins de presse publiés en Belgique au cours de l’année 2025..
PCB – Grand Prix Knokke-Heist
“Pas de nouvelles – Bonnes nouvelles” de Kamagurka, paru le 12-08-25 dans De Standaard

Israël a tué six journalistes dans la ville de Gaza lors d’une attaque aérienne. Parmi eux se trouvait le célèbre reporter d’Al Jazeera, Anas al-Sharif. Cette attaque contre la presse survient au début de l’invasion israélienne de Gaza. Selon les organisations de presse, les journalistes sont délibérément réduits au silence, ce qui a de graves conséquences pour l’information.
Motivation du jury :
En 2025, de nombreux dessins de presse ont également été publiés sur la situation en Palestine, notamment à Gaza. Ce catalogue des 106 meilleurs cartoons de 2025 n’en compte pas moins de 21, soit une nette majorité. Il n’est donc pas surprenant que l’un d’eux ait remporté le Grand Prix (comme ce fut le cas l’an dernier, d’ailleurs).
Plusieurs de ces dessins, dont celui-ci de Kamagurka, soulignent précisément le fait qu’Israël tue des journalistes en toute impunité dans cette guerre atroce.
Le jury a choisi ce dessin comme lauréat car son style, à la fois percutant et clair, met en lumière la contradiction entre le slogan banal « Pas de nouvelles, bonnes nouvelles » et la réalité sur le terrain. C’est une manière à la fois astucieuse et cynique de démontrer qu’Israël fait tout son possible pour dissimuler la situation dramatique à Gaza. Le message est donc immédiatement clair.
Le jury souligne également que ce dessin symbolise la pression exercée sur les journalistes à travers le monde et le recul croissant de la liberté de la presse. À Gaza, la situation est extrême : des journalistes sont tout simplement assassinés, alors même qu’ils sont facilement reconnaissables. Mais Donald Trump aussi dénigre constamment les journalistes et fait pression sur les médias qui ne partagent pas sa version des faits. Autrement dit, ce dessin dénonce également l’atteinte à la liberté d’expression.
PCB – Deuxième Prix Knokke-Heist
“La fin du soft power européen ?” de Karl, paru le 27-02-25 dans Trends

Motivation du jury :
Avec ce dessin, Karl met en lumière la disparité de puissance militaire entre les grandes puissances que sont les États-Unis, la Chine, la Russie et l’Europe. Selon le jury, il s’agit d’une manière pertinente et très artistique de démontrer que l’Europe s’accroche au soft power, tandis que les autres grandes puissances l’ont abandonné depuis longtemps.
Il est frappant de constater que le jury était divisé en deux camps, chacun avec une interprétation différente de ce message. Pour les jurés du camp militaire, le soft power est néfaste et l’Europe doit renforcer ses défenses pour maintenir sa position. Pour les représentants des mouvements pacifistes, le soft power est au contraire un atout. Ils soulignent qu’il est bien plus séduisant que la force militaire brute.
Les jurés ont également été frappés par le fait que Karl illustre le soft power sous la forme d’un rouge à lèvres, soulignant ainsi le contraste entre l’approche masculine autoritaire et l’approche féminine douce. Cette touche féministe a été très appréciée.
PCB – Troisième Prix Knokke-Heist
“La femme afghane en 2025” de Kroll, paru le 02-01-25 dans Le Soir

Les Talibans afghans ont mis en place de nouvelles règles pour empêcher que les femmes soient vues à travers les fenêtres des immeubles.
Motivation du jury :
Parmi les 106 dessins sélectionnés pour ce catalogue, un seul aborde la situation en Afghanistan. Le jury le juge non seulement d’une force exceptionnelle, tant par ses mots que par ses images, mais aussi d’une grande actualité. Car la situation des femmes afghanes demeure dramatique et ne cesse de se détériorer.
Avec ce prix, le jury souhaite souligner le manque de couverture médiatique de ce sujet. Le dessin illustre parfaitement la situation. La femme afghane est non seulement emprisonnée, mais aussi réduite au silence. En réalité, elle ne peut pas exister, même pas enfermée.
Un détail que le jury a remarqué et particulièrement apprécié sont les mouches qui tournent autour de la tête de l’homme. Elles symbolisent qu’il s’agit d’un homme répugnant et que la situation tout entière sent mauvais. Elles renforcent le message du dessin.
