Poms, Pitch Perfect pour septuagénaires

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Poms
De Zara Hayes
Avec Diane Keaton, Pam Grier, Charlie Tahan
Comédie
Sortie le 21 août 2019

Atteinte d’un cancer incurable, Martha (Diane Keaton) décide de vendre ses biens pour aller s’installer dans une communauté de seniors et attendre la mort. Durant sa visite des installations, on lui fait savoir que chaque membre de la communauté doit rejoindre un club, quel qu’il soit, quitte à en créer un soi-même. Ayant abandonné autrefois son rêve de devenir pom-pom girl afin de soigner sa mère malade, Martha décidera de rattraper le temps perdu et de constituer une équipe de seniors pom-pom girls.

Poms est un film léger dans la lignée de Full Monty ou de Pitch Perfect, usant du même principe visant à mettre en scène des personnages mus par un rêve que le monde croit impossible au vu de l’âge, de l’apparence ou de la condition sociale des protagonistes. Si les mécanismes qui sous-tendent le film sont donc classiques, c’est du côté des situations et de la construction de personnages qu’il faut chercher des qualités.

Dans un premier temps, Poms se montre assez caricatural : Martha est le parfait prototype de la citadine méprisante, persuadée d’être restée jeune dans sa tête et assez dédaigneuse à l’égard des membres de sa nouvelle communauté qu’elle voit comme de vieux ringards. Plus encore, le premier tiers du film sera fortement alourdi par le jeu grossier d’une Diane Keaton peu en forme, offrant une performance relativement caricaturale. L’actrice passera ainsi une bonne partie de ses premières apparitions à expliquer ce qu’elle fait tout en ponctuant lourdement ses répliques d’interjections insupportables. Une fois l’intrigue correctement lancée, ces défauts disparaitront peu à peu pour laisser place à plus de solidité.

Outre cela, le film tout entier est composé de ressorts et de personnages assez éculés : antagoniste classique, love interest maladroit au positionnement ambivalent, etc. Le tout dans une histoire de triomphe face à l’adversité somme toute assez classique. En résulte un film assez prévisible et parfois même un peu niais.

Pourtant, Poms rempli parfaitement son contrat et, une fois le film sur sa lancée,  on se laissera facilement emporter par cette histoire originale de pom-pom girls septuagénaires. On rit, on pleure et quelques moments feront réellement mouche, notamment grâce à divers personnages hauts en couleur comme Sheryl (Jacki Weaver) et son franc parler, le Chef Carl (Bruce McGill) assez touchant dans sa volonté de faire ce qui est juste, ou encore Alice (Rhea Perlman), femme éteinte et soumise à son mari qui se révélera après la mort étrangement subite de celui-ci…

Ainsi tout en étant assez faible dans son premier tiers, globalement prévisible et rempli de bons sentiments, Poms constitue finalement un divertissement assez solide et sympathique. De quoi passer un agréable moment !

Alexandre Alvarez
A propos Alexandre Alvarez 158 Articles
Journaliste du Suricate Magazine