Les Fils de la poussière, quand des cancres sont utilisés comme cobayes

titre : Les Fils de la poussière
auteur : Arnaldur Indridason
édition : Métailié
sortie : 4 octobre 2018
genre : thriller, polar

Le pionnier du polar nordique, le célèbre auteur Arnaldur Indridason, s’est fait connaitre chez nous avec La Cité des jarres paru en français en 2005 aux éditions Métailié. Son premier roman Synir duftsins, sorti il y a plus de vingt ans en Islande, voit enfin le jour en français sous un nom poétique et étrange : Les Fils de la poussière. Une histoire intrigante sur fond d’essais pharmaceutiques et génétiques qui ravira les inconditionnels du commissaire Erlendur.

Le premier roman d’Arnaldur Indridason n’est pas vraiment une invitation à découvrir les terres mystérieuses de l’île volcanique. On est loin des atmosphères particulières des fjords verdoyants, des geysers et aurores boréales. L’accent y est plutôt mis sur les problèmes de société avec des jeunes provenant des bas quartiers de Reykjavík rassemblés dans une classe de cancres pour être mieux manipulés.

Palmi rend visite à son frère Daniel, un quadragénaire interné depuis plus de vingt ans dans un hôpital psychiatrique de Reykjavík. Ce dernier tient des propos étranges avant de se défenestrer sous les yeux de son frère cadet. Au même moment, un ancien professeur de Daniel meurt dans l’incendie de sa maison. Une curieuse coïncidence qui n’échappe pas à Palmi qui mènera une enquête en parallèle à celle d’une équipe de policiers. Sur sa route, il croisera un certain Erlendur, un commissaire tourmenté assisté dans sa fonction par un premier de classe, Sigurdur Oli, qui l’insupporte. Peu à peu, ils vont finir par démêler les fils de cette histoire sordide qui prend racine dans les années soixante et découvriront la véritable finalité des gélules trafiquées et administrées dans la classe de Daniel.

Dans ce premier thriller, on retrouve déjà les thèmes de prédilection du prince du polar islandais : le poids du passé, le travail de mémoire, le lien filial, les dérives du progrès et les dangers de la manipulation de l’homme par l’homme. Arnaldur Indridason n’a pas son pareil pour faire évoluer des personnages attachants dans un monde inquiétant, teinté, dans ce cas-ci, de science-fiction. Dès ce premier thriller, il pose les bases de ce qui fera son succès international : un suspense glacé, une intrigue sinueuse et des personnages torturés.

Marie-Laure Soetaert
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Journaliste du Suricate Magazine