Léopoldville 60, ambiance de fin de règne

Scénario : Patrick Weber
Dessin : Baudouin Deville
Editions : Anspach
Sortie : 16 octobre 2019
Genre : Historique

Après un premier album consacré à l’exposition universelle de Bruxelles, Sourire 58, Patrick Weber et Baudouin Deville nous reviennent avec un nouvel album, Léopoldville 60, qui se situe deux ans après les événements de 1958, en pleine période de troubles entourant la prochaine indépendance congolaise.

Parfum d’une époque révolue

Dans cet album, on retrouve Kathleen Van Overstraeten, engagée à la SABENA, la grande compagnie d’aviation belge. Elle travaille sur les longs courriers et plus particulièrement sur les lignes qui mènent au Congo Belge. Mais la situation s’est envenimée dans la colonie belge, les incidents et les sabotages s’y succèdent tandis que les puissances internationales songent déjà à l’après-colonisation. Comme dans Sourire 58, les auteurs mélangent la petite et la grande histoire pour nous faire revivre ces moments qui ont marqué l’histoire des deux pays.

Des sentiments contrastés face à une indépendance inéluctable

Si le premier album nous avait laissé sur notre faim avec une histoire d’espionnage quelque peu abracadabrante, le scénario de ce second épisode est beaucoup mieux ficelé. Les enjeux sont présentés de manière claire et on se plonge volontiers dans cette aventure où chaque protagoniste balance entre déception, colère et amertume, cynisme et opportunisme, réalisme, optimisme, ou un mélange de tous ces sentiments. Léopoldville 60, c’est un concentré des grandes questions qui se sont posées par rapport à la colonisation et qui font encore débat aujourd’hui. Et même si le récit se concentre sur le sort des Belges du Congo, il ne tombe pas dans le paternalisme et adopte un ton ouvert et critique par rapport aux événements historiques.

Au final, Léopoldville 60 est un album agréable à lire, au scénario bien ficelé, dans le plus classique style de la ligne claire déjà adopté dans l’album Sourire 58. Bientôt 60 ans après l’indépendance du Congo et la fin de l’aventure coloniale, c’est donc un excellent moyen pour se replonger dans cette page de notre histoire, quitte à élargir son champ de recherche pour ceux que le sujet intéresserait.

Vincent Penninckx
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Journaliste du Suricate Magazine