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    Le Masque de fer au Théâtre du Parc : une alchimie parfaite

    Le premier spectacle de la saison au Théâtre du Parc est toujours un évènement, mais quand on nous promet un spectacle d’aventure inspiré d’Alexandre Dumas et des mousquetaires (déjà 10 ans pour la dernière adaptation) et qu’en plus, cerise sur le gâteau, on retrouve Bernard Yerlès dans la peau de d’Artagnan, autre héros bretteur après son interprétation éclatante de Cyrano il y a quelques années, déjà sous la direction de Thierry Debroux ; on est prêt à signer directement ! Mais est-ce que le projet tient ses promesses ?

    Pour pouvoir revenir dans l’univers des Mousquetaires, Thierry Debroux a choisi d’explorer le mythe du Masque de fer (la légende voudrait que le frère jumeau du Roi XIV ait été emprisonné avec un masque de fer pour qu’on ne reconnaisse pas et qu’il ne fasse pas d’ombre au Roi – consultez la page Wikipédia si vous voulez en savoir plus), un vieux mystère repris succintement dans le livre Le vicomte de Bragelonne d’Alexandre Dumas, le troisième tome d’une trilogie qui fait suite aux Trois Mousquetaires et à 20 ans après. S’il est sûrement inspiré de la cinématographie existante sur le sujet, Debroux se permet aussi d’ajouter de la nouveauté plus personnelle, comme le retour de Milady ou en faisant de D’Artagnan, le possible père du Roi.

    Et ça fonctionne ! Cela permet même de sonder plus profondément l’âme humaine : la vieillesse, la transmission, la vengeance… Mais ce qui fait de cette pièce une réussite, c’est une alchimie entre toutes les parties. Le texte y est bien sûr pour quelque chose (surtout que Thierry Debroux a trouvé le bon dosage dans son écriture, entre sérieux et humour) mais il ne serait rien sans des comédiens et des comédiennes au top de leur forme (coup de coeur pour l’interprétation truculente de Porthos par Eric De Staercke) et des costumes et des décors toujours époustouflants. Mais il est important aussi de mentionner que le travail d’Emilie Guillaume dans les chorégraphies de combats n’a jamais été aussi impressionnant. On parlait déjà de la modernité qu’elle apportait dans l’adaptation des Chevaliers de la table ronde en 2021, mais cette fois, on en a pris plein la vue. Il n’y a pas moins que 11 combats à l’épée dont un final à 12 personnes !

    Donc, au final, est-ce que le projet tient ses promesses ? Oui, bien sûr, mais il semble donner aussi un nouveau souffle aux adaptions théâtrales d’oeuvres littéraires qu’affectionnent le théâtre du Parc. Tout en gardant la qualité qui fait le succès du théâtre, le texte semble plus profond et mieux dosé et le ton est bien plus moderne (la place des personnages féminins, un rôle donné à une drag queen, etc.). Et pour couronner le tout, on a rarement eu autant de générosité dans les scènes de combats. Bravo !

    Loïc Smars
    Loïc Smarshttp://www.lesuricate.org
    Fondateur, rédacteur en chef et responsable scènes du Suricate Magazine

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