La Scandinavie à l’honneur au festival La Lucarne

Troisième et dernier jour pour le Festival du Film de Foot La Lucarne ! En ce dimanche après-midi, nous profitons du temps que l’on a devant nous pour parcourir la partie OFF du festival. On retrouve une nouvelle fois les babyfoots individuels et doubles. Mais la grande surprise, ce sont deux bornes d’arcade à disposition gratuitement.

Sur les murs, trois expositions sont présentes. La première, de Guillaume Blot (buvettes.com), fait la part belle aux buvettes et petites restaurations que l’on retrouve autour des stades. Mais le peu de photos affichées ne permet pas d’assouvir notre curiosité de cet étrange projet. Les deux expos suivantes sont plus intrigantes. D’une part, le collectif Tschutti Heftli (tschuttiheftli.de) remplacent les photos des albums Panini par de véritables créations artistiques d’illustrateurs ou graphistes. Et d’autre part, une exhibition de Matheus Toscano en 8 bits qui reprend le football actuel avec l’imagerie informatique des années 90.

Le OFF accueille aussi un débat sur Johan Cruijf, un des plus grands joueurs hollandais de tous les temps, mort il y a peu. Mené par un fan absolu, le journaliste de So Foot Chérif Ghemmour. C’est toujours difficile de débattre sur un sujet sans la présence de protagoniste et le débat devient assez rapidement un hommage et un florilège d’anecdotes. De plus, ceux qui ont lu le numéro spécial Johan Cruijf de So Foot, n’apprennent que peu de choses.

Après avoir goûté à la bière locale du Point Ephémère, il est déjà temps de retourner en salle de projection. La journée est consacrée au football scandinave par le biais de deux documentaires qui s’annoncent passionnants : l’ascension surprise de deux équipes, l’IFK Göteborg des années 80 et l’équipe nationale danoise des années 90. Deux grands exploits à une époque où l’argent ne régissait pas encore tout ce sport et que le fossé entre grandes et petites équipes n’étaient pas encore si profond.

les derniers proletaires du foot

Ils dominaient l’Europe avant Ikea

Les Derniers prolétaires du foot de Martin Jönsson permet au public de redécouvrir un exploit un peu passé à la trappe : les victoires en coupe de l’UEFA de l’IFK Göteborg. L’exploit est d’autant plus grand que les années 70 furent une période noire pour le club qui avait sombré en deuxième division. L’arrivée de Sven-Göran Eriksson changea la donne et en quelques années, l’équipe composée de joueurs à mi-temps (en plus d’être joueur, ils étaient cuisiniers, plombiers, etc.) fit trembler les plus grands professionnels d’Europe.

Si l’histoire est passionnante, le documentaire souffre de quelques maux. Il est décousu (on passe d’une année à l’autre avant de revenir à la précédente sans une réelle cohésion de l’ensemble) et des longueurs sont malheureusement à observer à certains moments (un comble pour un film d’1h14). Pourtant, voir ces joueurs soudés, semi-pros, humilier parfois ses grandes équipes au moyen d’un football-champagne, est rafraîchissant à plus d’un titre. Un documentaire essentiel sur l’équipe sportive qui a placé la Suède sur la carte avant les magasins Ikea.

og det var danemark-danish dynamite

Les Danish c’est de la Dynamite

Encore une fois, l’exploit n’a pas eu lieu en un jour. Le Danemark était une équipe mineure, qui n’avait jamais réussi quoique ce soit. L’arrivée d’un entraîneur allemand et un sponsoring avec Carlsberg vont permette à la fédération de se professionnaliser. Après une demi-finale à l’Euro 84 et un premier tour étonnant la Coupe du Monde 86, l’équipe va tout de même sombrer à nouveau dans ses travers avant de revenir sur le devant de la scène en 92 avec une équipe de seconds couteaux et emporter cette fois l’Euro en battant les plus grandes équipes.

Si l’histoire  de Danish Dynamite ressemble fort à celle du documentaire précédent, la conception du film est totalement différente : montage dynamique, bande originale très présente et énormément d’humour dans le choix des phases montrées (le florilège de frappes d’un joueur qui ne sait pas cadrer mais qui finira par marquer le but le plus important de la compétition). Si on ne comprend pas toujours l’intérêt d’ajouter des séquences sur l’occupation nazie autant d’années après la Seconde Guerre mondiale, l’énergie et l’humour présent dans le documentaire permet de rendre honneur à cet exploit. Le long-métrage est même devenu le 5ème documentaire danois le plus vus.

Un festival de foot pas comme les autres

Cette quatrième édition touche à sa fin et déjà on attend impatiemment la cinquième. Encore une fois l’organisation était impeccable et le public a répondu présent (la salle commence a être vraiment trop petite). La sélection est toujours très pointilleuse, les débats avec les invités sont intéressants et par barbants du tout, le lieu respire la convivialité et le spectateur en a pour son argent (popcorn offert à l’entrée et affiche offerte à la sortie). Malgré tout, il faut mentionner une ou deux déceptions. Il est dommage de n’avoir eu qu’une fiction sur toute la durée de l’évènement et il est dommage que le OFF sois moins vivant que l’année passée (un seul débat, moins d’animations, etc.). Nous attendons avec impatience de voir ce que ce festival pas comme les autres nous réserve dans le futur. A découvrir même si vous n’êtes pas fana du ballon rond !

Loïc Smars
A propos Loïc Smars 316 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine

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