L.U.C.A., au Rideau jusqu’au 22 septembre

© Leslie Artamonow

Conception, texte et interprétation Hervé Guerrisi et Grégory Carnoli. Du 13 au 22 septembre 2022 au Rideau de Bruxelles.

La saison du Rideau s’ouvre avec un spectacle extrêmement loquace, à la fois très hilarant et profondément touchant. On part en road-trip en quête d’une réponse, on part vers le sud – de là où on vient – pour revenir vers le nord – de là où on est toujours venu. Le plateau se fait autoroute, tableau noir et salle de fête pour accueillir cette recherche d’identité -géographique et ancestrale – qui devrait enfin répondre à la question à un million de dollars : tu viens d’où ?

Hervé et Greg sont italo-belges, ils ont une esthétique qui vient du sud et un nom de famille italien mais ils sont nés en Belgique et de leurs origines italiennes ils ne connaissent que ce que leurs familles racontent. Pendant toute leur vie on leur a posé cette question simple mais pas banale, qui pourrait démontrer juste de la curiosité ou de l’intérêt mais qui finit, souvent, par cacher des enjeux inconfortables : « Tu viens d’où, toi ? Parce que j’ai l’impression que tu n’es pas des nôtres. Tu viens d’où, de quelle culture, de quelle histoire ? ». On part donc pour une double recherche et on confie nos attentes à la science, d’un côté, et aux familles de l’autre côté.

L.U.C.A. est un spectacle qui parle en JE et qui parle à tout le monde par la poésie qu’il mobilise.

Il nous offre un regard sur la migration articulé et intelligent, transmis avec clarté et authenticité par Hervé et Greg, deux ouragans sur le plateau. Un jeu pétillant et entrainant, une mise en scène rythmée et originale qui exploite aussi un écran sur lequel prend vie une autre perspective de ce qui se passe, au même moment, sur le plateau. Que faire quand le récit de ses origines se perd dans la légende familiale ? Et si, après toute cette recherche la réponse que l’on trouve n’est pas celle que l’on espérait ? Quoi qu’il en soit, le public applaudit fort. On applaudit debout pris par une émotion partagée et on se sent un peu tous et toutes partie, quelque part, du même arbre généalogique.

A propos Elisa De Angelis 50 Articles
Journaliste du Suricate Magazine