KFF 2019: Sympathy for Mister Vengeance

Sympathy for Mister Vengeance
de Park Chan Wook
Drame

Dans le cadre du 7ème festival du Film Coréen qui se déroule pour l’instant à Bruxelles, les spectateurs ont eu l’occasion de voir un classique du cinéma coréen, Sympathy for Mister Vengeance. Réalisé par Park Chan Wook, qui connut la consécration avec le second film de cette trilogie, Oldboy, c’est un film assez noir et que certains spectateurs pourraient trouver perturbant.

 Ryu est un ouvrier sourd et muet, dont la sœur est en attente d’une greffe de rein. Son patron, Dongjin, est divorcé et père d’une petite fille. Young-Mi, la fiancée de Ryu, est une activiste gauchiste. Lorsque Ryu perd son emploi et voit diminuer les chances d’opération de sa sœur, elle lui propose de kidnapper la fille de Dongjin. La rançon obtenue servirait à pouvoir soigner la sœur de Ryu. Mais le plan parfait tourne à la catastrophe…

La vengeance, une hypnotique descente aux enfers

La première chose qui frappe l’esprit à la vue de ce film, c’est la froideur du scénario et le caractère inéluctable du processus de vengeance une fois le doigt mis dans l’engrenage. La vengeance chez Park Chan Wook revêt même un caractère irréel tant les protagonistes semblent hypnotisé par celle-ci, se souciant peu des conséquences de leurs actes. Et si le scénario pourra en dérouter certains, la signification autour de la symbolique de certains personnages n’étant pas toujours claire, tous s’accorderont sur la qualité visuelle mais également l’attention portée à la bande son du film.

Une violence graphique, auditive et psychologique

Si Park Chan Wook s’attarde parfois sur des détails visuels qui peuvent rebuter une partie du public, et si la violence dans ses films est bien visible, elle est encore plus souvent auditive et psychologique. Ce que le réalisateur ne nous montre pas, il nous le fait ressentir par une parfaite maîtrise des sons qui nous immerge dans son récit.

Au final, la vengeance chez Park Chan Wook n’est peut-être que la conséquence inéluctable de la violence de la société dans son ensemble. Dureté des rapports sociaux, froideur et insensibilité face à la détresse des malades, système capitaliste implacable qui laisse sur le côté les plus faibles… Sympathy for Mister Vengeance est à certains égards un OVNI cinématographique, mais au vu du parcours du cinéaste, un film intéressant à voir pour mieux comprendre sa carrière.

Vincent Penninckx
A propos Vincent Penninckx 88 Articles
Journaliste du Suricate Magazine