Jay Smith: King Of Man

Suédois et blond, voilà bien deux caractéristiques qui ont de quoi en intriguer certaines… Pourtant, et ce malgré un premier album enregistré en 2010 rapidement hissé au haut des tops musicaux de son pays avant d’obtenir la consécration du platine, Jay Smith reste peu connu en Europe.

Il faut dire que le chanteur et ses créations musicales se tiennent bien loin des clichés nordiques dans lesquels surgissent de pâles blondinets distants et froids. En effet, défiant tout ces a priori, ce nouvel album évoque davantage l’Amérique que la Suède.

A bien y réfléchir, il faut bien reconnaitre que Vikings et Cowboys (que l’on retrouve d’ailleurs dans Cowboys From Hell) ne sont peut-être pas aussi antinomiques qu’on pourrait l’imaginer… Outre une exubérance très calibrée, cette impression d’écouter des chansons d’outre-Atlantique est de plus exacerbée par un rock aux accents très discrets de country et de blues.

Des références à différents genres musicaux, quelques accords de piano bien placés, des apparitions de chœurs ou de saxo jazzy minutieusement orchestrées, un bref retentissement de cloches funèbres, des ralentis théâtraux…

Jay Smith recourt à de nombreux outils sonores pour créer des ruptures de rythmes et de mélodies. Une volonté de variation qui, présente dans chacun des titres de King Of Man, harmonise le tout et n’arrive plus à créer la surprise tandis que l’extrême soin apporté aux choix musicaux évince l’émotion.

A tous ces différents effets de dramatisation musicale quasi hollywoodienne ― Keep Your Troubles At Bay et Ode To Death, hormis les paroles, ont un côté très Music Hall ― il faut ajouter l’omniprésence d’une guitare électrique assez efficace.

Dans cet album brillant comme du papier glacé, la belle voix grave de Jay Smith sert également de fil conducteur. Profonde, elle n’arrive cependant pas à apporter ce qu’il faut de relief à une musique au final stéréotypée.

En fin de compte, un rock ce qu’il faut de métallique pour ne pas être vraiment brutal ainsi qu’une certaine grandiloquence impressionnant par sa virtuosité sans émouvoir se détachent de cet album.

Seule King Of Man, ode épicurienne sentencieuse, se détache des autres titres et parvient réellement à nous toucher avec ses tonalités plus mineures.

Dans cette démonstration de force et d’énergie qui parcourt les douze chansons composant ce CD, l’on ne peut s’empêcher de guetter vainement ces ombres de faiblesses qui frappent l’âme et le cœur…

Nassima Cherke
A propos Nassima Cherke 42 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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