Les Augustins de Mélisa Godet

Auteur : Mélisa Godet
Editions : JC Lattès
Sortie : Juin 2014
Genre : Roman

Au départ, il y a Malika, une jeune journaliste web ambitieuse. Elle décide de pousser les portes du squat Les Augustins sous couvert de deux objectifs. Le premier, réaliser une Web série documentaire « Paroles de squatteurs » et prouver à son chef Nico qu’elle est capable de tenir les commandes d’un grand sujet de terrain. Le deuxième, moins avouable mais néanmoins le moteur de sa démarche, rencontrer son père devenu squatteur, disparu étrangement de sa vie quand elle avait 5 ans. Sur place, elle fera la rencontre d’une famille un peu bricolée, partagée entre bons sentiments et engueulades : une vieille dame à l’humour salace, un couple sans-papiers avec enfants, un ado fugueur, un artiste plasticien bohême et dragueur, un quinquagénaire qui a connu la rue, des militants et des étudiants sans le sou.

Les Augustins est le premier livre de Mélisa Godet. Elle a reçu cette année le prix Nouveau Talent pour ce roman choral à la fibre sociale.

Il est vrai que les personnages qui peuplent son roman sont plein d’humour et d’humanité. La jeune auteure a réussi à installer sa galerie de squatteurs dans un ancrage réaliste. Les dialogues de ces mal-logés sont crédibles et ne manquent pas de sel. Et en suivant leur quotidien, on y apprend pas mal de choses sur les procédures d’expulsion, le travail des militants et le fonctionnement des collectifs d’aide au logement.

Mais très vite, on réalise qu’on a affaire à un livre tendance dont les ingrédients plaisent et font recette auprès d’un large public depuis quelques années : la solidarité entre personnes de différentes générations, l’humanité des personnages, l’entraide entre des cabossés de la vie.  Par petites touches ou à grandes doses, l’histoire nous entraine souvent vers un territoire déjà très fréquenté, celui du quotidien à réenchanter.

Le ton est vif, le message plutôt optimiste et la lecture plaisante mais, par son traitement, le roman ne s’inscrit pas moins dans la veine des livres souvent lus, aussi sympas qu’oubliables.

Marie-Laure Soetaert
A propos Marie-Laure Soetaert 129 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.