Irrational Man, quand Woody plagie Allen

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Irrational Man

de Woody Allen

Drame, Romance, Thriller

Avec Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey

Sorti le 5 août 2015

Abe Lucas (Joaquin Phoenix) est un professeur de philosophie dont la mauvaise réputation précède. Connu pour ses exploits sexuels, son nihilisme et son alcoolisme,  il arrive dans une petite ville pour enseigner. Deux femmes tombent sous son charme : Jill Polard (Emma Stone), sa meilleure étudiante qui devient sa meilleure amie et Rita Richards (Parker Posey), une professeure de sciences déçue de son mariage. Le désespoir dans lequel vit Abe le rend désintéressé des deux femmes.

Cette première partie du film, que raconte la bande annonce, reste ennuyeuse et très bavarde. Une nouvelle version de Manhattan, Husbands and Wives, ou Whatever Works qui ne fonctionne pas. L’histoire de l’amour entre l’homme quarantenaire et la fille qui a la moitié de son âge, thème fétiche de Woody Allen, devient lassante après une vingtaine de minutes. Bien sûr, tous les éléments de la comédie romantique sont présents : elle a un petit ami, l’histoire commence avec une fascination et se transforme en amour, rejet de l’étudiante… ; mais rien de nouveau dans la casserole du réalisateur.

Heureusement, un tournant transforme le film en de nouvelles versions de Crimes and Misdemeanours, Match Point, ou Cassandra’s Dream et son protagoniste en un être qui veut croquer la vie à pleines dents. Cette deuxième partie s’annonce plus intéressante et tourne autour d’un autre thème fétiche du réalisateur : la préparation du crime parfait. Et le crime s’effectue pour des raisons existentielles, non pour l’argent ou par amour. Abe Lucas veut tuer pour le plus grand bien, après avoir écouté l’injustice que subit une femme à cause d’un juge.

Avec un regroupement de talents comme Joaquin Phoenix et Emma Stone, on peut avoir beaucoup d’attentes pour Irrational Man qui seront démolies par la déception. À 79 ans, Woody Allen continue à produire des films tous les ans, ou disons le même film pour la énième fois. Comme un DJ qui colle des morceaux de chansons en les transformant, le 45ème film de Woody Allen n’est qu’un recyclage des résidus de la carrière du grand réalisateur.

Patrick Tass
A propos Patrick Tass 41 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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