Invincibles au pays du Dalaï-lama, un roman graphique qui rate sa cible

Scénario : Sofia Stril-Rever
Dessin : Kan Takahama
Éditeur : Massot Editions
Sortie : 18 mars 2021
Genre : Roman graphique

Scénarisé par Sofia Stril-Rever, biographe française du Dalaï-lama, Invincibles au pays du Dalaï-lama est un ouvrage sur la compassion, l’amour et le dépassement de soi mis en scène par la mangaka Kan Takahama. Inspiré d’une histoire vraie, l’ouvrage nous emmène au Tibet, sur les traces du Dalaï-lama.

Maya, 19 ans, est victime d’un attentat à Paris. Le bilan est lourd, elle doit être amputée de la jambe gauche et apprendre à vivre avec une prothèse. Maya va devoir accepter sa situation et trouver la force de se reconstruire. Elle y parviendra grâce à Sofia, une enseignante de méditation qui l’initie au bouddhisme tibétain et lui fait découvrir le Dalaï-lama. Au Tibet, quelques mois plus tard, Lobsang Tenzin, un jeune moine, s’est immolé pour dénoncer l’oppression du régime chinois. Il a échappé de justesse à la mort mais il a perdu ses membres et subi de mauvais traitements. Sofia et Maya organisent l’évasion de Lobsang Tenzin.

Des intentions louables

En mêlant la tragédie du terrorisme avec celle de l’occupation du Tibet, l’autrice tente d’élargir notre horizon et surtout met en avant les principes de la compassion et de la non-violence pour la résolution des conflits. Elle nous montre également la force de la résilience et du pardon présents en chacun d’entre nous et comment celles-ci peuvent nous aider à surmonter nos peurs en faisant la paix avec nous-même. On ne peut donc que saluer les intentions des deux autrices même si la réalisation n’est pas à la hauteur de nos attentes.

Trop simpliste

En effet, la lecture de ce roman graphique nous laisse un sentiment de trop : trop de bons sentiments, trop peu subtil, trop de péripéties, trop de changements, trop rapidement, ce qui au final, nuit à l’équilibre du récit. Pour adhérer à une histoire, il faut y croire et dans le cas présent, on a du mal à s’identifier aux personnages, tant leur situation est parfois incohérente ou peu plausible.

Au final, même si le sujet de l’ouvrage paraissait intéressant, celui-ci ne remplit malheureusement pas toutes ses promesses. Invincibles au pays du Dalaï-lama n’est donc pas la porte d’entrée idéale pour s’initier aux valeurs de paix du Dalaï-lama, et on ne le conseillera donc pas pour ceux qui voudraient en apprendre plus sur sa philosophie.

A propos Vincent Penninckx 264 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine