Depeche Mode : Spirit

Quatre ans après Delta Machine, le trio britannique, Depeche Mode, revient avec Spirit, leur quatorzième album studio.

Certains avaient boudé le dernier album qui, il est vrai, manquait un peu de magie. La boite à musique de Fletcher et Gore semblait quelque peu rouillée.

Ceci étant dit, il faut tout de même relativiser ce constat et regarder les choses en face. Malgré des hauts et des bas, Depeche Mode est, aujourd’hui, l’un des seuls groupes des années 80 à avoir si bien mûri au fil du temps. Et c’est également l’un des seuls à nous proposer aujourd’hui une musique toujours dans l’ère du temps et de qualité.

Ce qui est certain, en tout cas, c’est que Spirit fera taire les mauvaises langues car, pour un quatorzième album, celui-ci est truffé d’originalité et surtout, il a une vraie âme.

Pour se renouveler, Depeche Mode a choisi de collaborer avec le producteur James Ford (qui a déjà travaillé avec Arctic Monkeys, Florence and the Machine,…). Et ce choix s’avère payant.

A travers douze morceaux sublimes, le groupe mythique se réinvente et nous touche à nouveau. La recherche de sons est, une fois de plus un atout majeur qui nous permet d’accrocher de façon plus particulière à certains titres et renforcer leur identité propre.

Les thématiques des paroles sont souvent axées sur notre société. Dave Gahan jette ici un regard critique sur la politique (Where’s the Revolution) et sur notre façon de stagner en nous refermant sur nous-mêmes, plutôt que d’aller vers l’autre (Going Backwards).

Un Dave Gahan qui a toujours ce talent fou pour nous emmener avec lui. Le chanteur a décidément ce charme inné qui ne le quitte jamais.

Ce qui est aussi appréciable, sur ce disque, ce sont les ambiances parfois très différentes de chacune des pistes.

Ainsi, on retrouve un slow avec la guitare tremolo de Gore dans The Worst Crime, un son plus électro et dansant dans You Move, une synth pop plus prononcée dans Cover Me, beaucoup d’émotion dans Eternal et Fail (qui clôture le disque) avec cette voix de Martin Gore qui sublime l’ensemble.

Il faut souligner que le travail de Martin Gore est davantage mis en valeur sur ces chansons. Que ce soit son jeu de guitare ou sa voix. Bref, autant d’éléments qui nous font ressentir cet album d’une façon très intense.

Le groupe a visiblement beaucoup travaillé sur chacun des morceaux et l’ensemble est finalement bien plus abouti que le précédent album.

Certains fans disent même que c’est le meilleur disque depuis Exciter. Je vous laisse vous faire votre opinion.

Note : 8/10

Depeche Mode sera de passage au Sportpaleis le 9 mai pour leur Global Spirit Tour. Mais ce concert est bien entendu déjà complet.

Christophe Pauly
A propos Christophe Pauly 484 Articles
Journaliste et photographe du Suricate Magazine