Le Confessioni, fausse fable et vrai vaudeville

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Le Confessioni

de Roberto Andò

Drame

Avec Toni Servillo, Daniel Auteuil, Pierfrancesco Favino, Moritz Bleibtreu, Connie Nielsen

Sorti le 14 septembre 2016

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Lors d’un sommet européen sur la pauvreté, plusieurs personnalités sont conviées dont un moine mystérieux. Le soir même, le moine recueille la confession du président du sommet mais, le lendemain matin, celui-ci est retrouvé mort. Interrogé par la police et les autres invités, le moine refuse de rompre le secret de la confession, d’autant plus qu’il est peut-être en possession d’informations déterminantes pour l’avenir du monde.

Réunissant un casting hétéroclite et très « euro-pudding » – les italiens Toni Servillo et Pierfrancesco Favino, les français Daniel Auteuil et Lambert Wilson, la danoise Connie Nielsen, le belge Johan Heldenbergh, etc. –, Le Confessioni a tous les défauts de ce type de melting-pot sans identité propre, mais est aussi très symptomatique d’un cinéma italien actuel, à la fois psychologisant, à dimension métaphysique et profondément moralisateur. En d’autres termes, même si le réalisateur de La Grande Bellezza n’y est pour rien, Le Confessioni est indécrottablement « sorrentinien », l’esbroufe visuelle en moins.

Il faut dire que l’acteur principal, le cabotin Toni Servillo, semble n’être là que pour induire cette référence dans l’esprit du spectateur et que le prêchi-prêcha auquel se livre le film n’est pas sans rappeler le sursaut de religiosité mal placé à la fin de La Grande Bellezza. Avec son personnage grotesque de moine aux faux airs de Droopy, Le Confessioni place l’Église en grand arbitre des passions et des complots qui sous-tendent la politique internationale. De là à penser que le film ne propose tout bonnement un retour de l’Église dans l’exercice du pouvoir politique, comme une sorte de caution morale, il n’y a qu’un pas qui n’est pas loin d’être franchi.

Si son propos est si confus que l’on peut encore lui laisser le bénéfice du doute concernant ce message légèrement rétrograde, il est au contraire évident que le film de Roberto Andò a des ambitions à la hauteur desquelles il n’est absolument pas. Essayant de faire passer un enjeu de vaudeville – le moine a-t-il, oui ou non, recueilli une confession importante du notable décédé ? – en question à haute teneur politique et philosophique, il ne fait que cacher son vide intersidéral avant de convoquer, dans une dernière tentative désespérée, une dimension de fable poético-moraliste. C’est ce qui s’appelle manger à tous les râteliers !

Thibaut Grégoire
A propos Thibaut Grégoire 346 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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