C-Ω-N-T-α-C-T : l’expérience théâtrale distanciée arrive à Bruxelles

Une idée originale de Gabrielle Jourdain, écrit par Samuel Sené et Eric Chantelauze, mis en scène par Samuel Sené. Avec Daphné Huynh, Laura Noël, Didier Colfs et Paul Van Mulder.

Dans cette pièce de théâtre d’un nouveau genre, une quinzaine de spectateurs suivent, à pied, une jeune femme en crise qui rencontre son ange-gardien. La pièce se jouera en extérieur du 14 octobre au 8 novembre, trois fois par jour, au Sablon ou au cinquantenaire, dans le respect de la distanciation sociale. La gestion du son (disponible en français, anglais et italien) se fait par une application dédiée sur smartphone.


C-Ω-N-T-α-C-T est né de la volonté d’artistes français de pouvoir continuer à jouer, alors que les théâtres étaient contraints à la fermeture du fait du Covid-19. La pièce se joue en extérieur, avec les écouteurs de smartphones sur les oreilles, dans le respect des règles de distanciation sociale.

Dans cette pièce, deux personnages évoluent dans un monde où la distanciation physique dans l’espace public est devenue la norme : on ne peut plus se serrer la main, s’embrasser, se bousculer, se caresser. Le monologue intérieur de la jeune fille en fleur révèle une crise profonde, sur fond de noirceur ambiante. Les spectateurs entrent dans son intimité, sans filtre, écoutant aussi bien ses pensées que ses gargouillements internes. Elle partage son émotion, notamment face au sentiment d’isolement ressenti lors du confinement. La rencontre d’un homme, qui remplit plusieurs rôles dans sa vie dont celui d’ange-gardien, lui permettra de sortir de sa morosité. En conversant avec lui, elle va retrouver sa véritable joie intérieure et ses envies profondes.

Dans ce contexte inédit, le metteur en scène, Samuel Sené, a creusé comment exprimer les émotions nouvelles qui nous animent, sur la base d’une partition très précise. Celui-ci, anciennement plus jeune agrégé en mathématiques de France et chef d’orchestre de renom, a fait le choix de la mise en scène. Il voit d’ailleurs son rôle comme étant celui de « responsabiliser un public dans son rapport à son émotionnel, à sa catharsis, en étant celui qui orchestre de manière à ce que les gens vivent quelque chose ensemble ». Dans ce spectacle, Samuel Sené dit assumer sa part de non-consensualité et son exigence intellectuelle. Il s’interroge sur la résilience et sur comment sublimer les contraintes sanitaires pour en sortir plus grand.

Jouer sans utiliser sa propre voix de manière synchronisée mais sans exagérer les expressions faciales est une gageure, aussi bien pour les comédiens que pour le metteur en scène Samuel Sené.

Les acteurs doivent aussi tenir compte de leur environnement et de l’inattendu que le jeu en extérieur peut amener. Toutefois, une fois la bande-son lancée, tout le jeu doit se caler pour coïncider parfaitement avec la bande-son. S’il pleut, la pièce continue et les parapluies apparaissent.

Les comédiens ont dû se prêter au casting par zoom. Mélangeant spectacle vivant et création sonore spatialisée, le concept né à Paris, s’est déjà bien exporté, la pièce ayant été jouée au Royaume-Uni et en Italie et des discussions sont en cours pour la traduire également en espagnol et la jouer en Suède, aux Etats-Unis et au Chili. Il a fallu beaucoup d’inventivité pour concevoir cette pièce et lui permettre de s’exporter dans un contexte de voyages restreints.

Informations et réservations : contact-spectacle.be

Plus d’informations sur la version française : https://c-o-n-t-a-c-t.fr/

A propos Myriam Watson 48 Articles
Journaliste du Suricate Magazine