Booksmart, la folle virée de Molly et Amy

Booksmart
d’Olivia Wilde
Comédie
Avec Kaitlyn Dever, Beanie Feldstein, Billie Lourd, Skyler Gisondo, Jason Sudeikis
Sorti le 26 juin 2019

Lors du dernier jour avant la remise des diplômes, Molly, la première de classe studieuse et sûre d’elle, se rend compte qu’elle aurait pu largement plus profiter de ses « années lycée », en termes de fêtes et de camaraderie, sans pour autant remettre en cause son avenir dans une université prestigieuse. Bien déterminée à profiter à fond de la dernière grosse fête organisée par le garçon le plus populaire du bahut, elle emmène sa meilleure copine Amy dans une folle virée nocturne, entre plusieurs fêtes improbables et délirantes, afin d’enfin arriver à bon port.

Première réalisation de la comédienne Olivia Wilde (House, Rush, Life Itself), Booksmart fait de prime abord furieusement penser à une version féminine du Superbad de Judd Apatow mais s’avère finalement nettement plus originale et singulière que prévu. Puisant en réalité plus ses influences dans le « teen movie » des années 70-80 – on pense notamment à Breakfast Club ou à La Folle journée de Ferris Bueller, qui est d’ailleurs explicitement cité dans le film –, Booksmart adopte un ton d’écriture et un cachet visuel le plaçant dans une certaine intemporalité, une nostalgie convoquant des images et des références cinématographiques marquées, quand bien même l’action est censée se dérouler dans une Amérique contemporaine.

Cet amour du genre qu’il convoque – le « teen movie », donc – conjugué avec celui de tous les jeunes acteurs qui participent au film, constituant un casting homogène et parfait, confèrent au film une vitalité inouïe. Parvenant à allier une écriture extrêmement précise, des mots d’auteur et des répliques ciselées, à une véritable authenticité des personnages et de leurs interprètes, Booksmart se déguste presque comme une friandise, baignée d’une bande son quasiment permanente faite de morceaux pop acidulés, et traversée de vraies trouvailles visuelles – dont une scène d’hallucination sous influence lors de laquelle les deux héroïnes se prennent littéralement pour des poupées.

Arrivé en bout de parcours, le film ne résiste malheureusement pas à une petite scène de confrontation à tendance psychanalytique entre les deux meilleures amies qui ne se sont pas toujours tout dit, mais se rattrape largement avec un final jouissif en forme de feu d’artifices qui remet en exergue tous les personnages hauts en couleurs ayant parcouru cette heure et demie très agréable.

Thibaut Grégoire
A propos Thibaut Grégoire 350 Articles
Journaliste du Suricate Magazine