Black Ice de Becca Fitzpatrick

Black Ice

auteur : Becca Fitzpatrick
édition : le Masque
sortie : février 2015
genre : thriller

Un groupe de jeunes gens décide de partir quelques jours en randonnée au parc de Grand Teton dans le Wyoming. Cette équipée se compose de Britt, jeune fille à l’origine de l’expédition qui s’improvise randonneuse en chef, Korbie son amie écervelée, Bear le petit ami de cette dernière et enfin Calvin l’ex de Britt. Le jour du départ, les filles partent de leur côté en voiture mais le voyage ne se passe pas comme prévu : une tempête de neige fait rage et les contraint à s’arrêter et à trouver un refuge pour ne pas mourir de froid. Elles découvrent un chalet habité par deux hommes assez mystérieux et leur demandent l’hospitalité. Dès ce moment, les adolescentes iront de surprise en surprise et la randonnée prendra une toute autre tournure que ce qu’elles avaient imaginé…

A la lecture de Black Ice, le lecteur est immergé au cœur de la nature, loin du monde et de l’agitation où il perçoit presque le froid et le bruit cotonneux de la neige sous les pas.  Pourtant, la nature présente une dualité : à la fois belle et paisible mais aussi hostile et mortelle. Il n’y a cependant pas que les conditions météo qui sont funestes dans le roman de Becca Fitzpatrick. Des personnages ambigus et pétris de mauvaises intentions corsent la vie des jeunes gens. Dans ce thriller, les pages se tournent vite. Du suspense, de l’action, du sexe juste ce qu’il faut pour vous chauffer (très légèrement), des retournements de situation… tous les ingrédients de base pour un polar.

Certes le lecteur est mené par le bout du nez à force de rebondissements. Mais ceux-ci, en surnombre, alourdissent le fil de l’histoire qui se trouve du coup fort tirée par les cheveux. La psychologie des personnages est amenée de façon fort peu subtile afin de justifier leurs actes. Et quels personnages : les mâles aimant faire joujou avec leur gros revolver et bander leurs muscles pour dépêtrer les faibles femmes de situations fâcheuses. Toutefois ils prouvent par moments que personne n’est tout blanc ou tout noir, ce qui apporte un peu de relief aux protagonistes pour contrebalancer la platitude et le comportement convenu des filles. Il arrive aussi que des longueurs se fassent sentir et malheureusement parfois aux plus mauvais moments. A la fin de l’histoire notamment où l’on aurait envie de crier  : « Coupez ! » pour raboter quelques pages et s’épargner la mièvrerie de trop. Enfin, ne lisez pas ce livre si vous êtes un inconditionnel de dialogues bien balancés ou autres bons mots incisifs. Vous serez…déçus.

Il est important de souligner qu’il n’est nulle part fait mention dans le livre qu’il s’agit d’une publication destinée à la jeunesse. C’est en faisant des recherches sur la collection MsK que l’on constate qu’elle s’adresse aux adolescents. Le lectorat adulte ne faisant pas spécialement la démarche en ce sens se voit alors embarqué dans une lecture non conforme à ses attentes qui pourrait le décevoir en raison d’un univers juvénile trop peu creusé, voire pauvre.

Quoi qu’il en soit, adultes ou adolescents liront volontiers Black Ice lorsqu’ il fait froid dehors et que l’on s’enveloppe la goutte au nez dans sa couette, tel un hivernal chicon au gratin dans sa tranche de jambon. Une lecture à prendre comme un remède contre l’ennui (ou la grippe) qui vous fera passer un moment d’évasion sans prise de tête.

Emmanuelle Lorriaux
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Journaliste

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