[BIFFF 2021 online : Jour 2] Son of a BIFFF !

On a beau fustiger l’hyperconnectivité de notre génération, sans elle vous auriez pu vous inventer un BIFFF en calebard comme nous l’avions fait l’an dernier. Alors oui, l’odeur de choucroute n’y est pas, les arrivées ‘’triomphales et talentueuses’’ de Stéphane pour nous survendre un survival polynésien tourné avec un budget équivalent au PIB de l’Ouganda font défaut et l’ambiance du festival nous manque comme Jeffrey Epstein à un pédophile hollywoodien mais il faut faire avec. D’autant que l’équipe du BIFFF s’est démenée pour nous concocter une programmation qui sent bon l’angoisse, la violence gratuite et le sang. Oui oui, comme un jeudi soir au Bois de la Cambre tout à fait.

Happily : thérapie découpe-le

On connaît tous un couple tellement parfait qu’il en devient extrêmement agaçant. Mais oui vous savez, le couple qui poste sans arrêt des storys Instagram d’eux occupés à faire quelque chose de productif de leur dimanche alors que vous êtes affalés dans votre canapé devant une pizza et votre 3ème bière de la journée à 14h.

Eh bien ce couple, c’est Tom et Janet. Ils sont mariés depuis 14 ans et ils baisent encore dans les toilettes de leurs potes à la moindre occasion alors qu’ils sont censés se détester et être passifs agressifs l’un envers l’autre comme tout bon couple qui se respecte. Mais ça c’était avant qu’un fonctionnaire se pointe chez eux pour les faire descendre de leur petit nuage. Ni une ni deux, Janet lui latte la gueule et le parfait petit couple se retrouve à devoir enterrer un corps (après l’avoir préalablement enduit de gel hydroalcoolique bien sûr). Things escalated quickly !

Après une entrée en matière aussi longue que le front de Joel McHale (paraît qu’on peut poser trois C130 sur ce truc !), Happily se révèle être une petite comédie noire très divertissante. On regrette quelque peu le manque de profondeur de certains personnages mais au final il touche dans le mille.

The Old Ways : E Viva Mexico, sortez les demonos !

Quand toi tu ramènes un magnet kitsch, un bracelet dégueulasse à 7€ et un t-shirt « I Love Wuhan » de tes dernières vacances, Cristina elle rapporte un démon vengeur assoiffé de souffrances et de sang.

Heureusement, elle peut compter sur des autochtones (dont sa cousine) pour l’enfermer dans une pièce et la bourrer de lait de chèvre pour l’exorciser. Eh ouais, on n’a pas tous la même expérience Airbnb.

Mis à part une entrée en matière aussi expéditive qu’un contrôle à la douane quand on est blanc, The Old Ways nous sort toute la panoplie du film d’exorcisme. Des séquences où le démon apparaît en background à l’animal retrouvé mort (c’est bon c’était un poulet calmez-vous) en passant par la traditionnelle scène du vomi de cheveux (big up à mon chat qui fait la même chose tous les matins).

Rien de bien neuf sous le soleil ma petite dame mais le film de Christopher Alender fait tout de même le taf. Un bon petit film de 16h30 au ciné 2 quoi.

Son : Secte and the City

Autant vous le dire tout de suite, on n’était clairement pas prêt pour Son et notre regret éternel restera de ne pas avoir pu le savourer dans un Ciné 1 plein comme Johnny Depp sur un tournage.

Maintenant que c’est dit, passons au film en tant que tel ! Parce qu’il y a énormément à dire. Avec son faux air de Rosemary’s Baby couplé à la saison 1 de True Detective et à Morse (la version suédoise, pas le remake américain), Son nous livre un pur film d’horreur qui voyage entre épouvante et mystère sans jamais se départir de son plus bel habit d’angoisse. De quoi faire péter le tensiomètre chez tous les cardiaques et vous scotcher littéralement à votre fauteuil.

Le film d’Ivan Kavanagh suit la jeune Laura et son fils David, issu d’une grossesse non désirée dans une secte satanique. Eh ouais mon pote, ça te fait relativiser les tripotages de dessous de table de tonton Marcel à Noël tout ça hein ? En lice pour la compétition internationale et dans la sélection critique, Son se profile clairement comme un des boss du BIFFF game 2021 tellement il nous emmène dans son univers sombre teinté de mélancolie et de gore. Et on en redemande très clairement ! Si vous ne l’avez pas encore loué, jetez vous dessus comme vous auriez dû le faire avec le bitcoin en 2017 ! Eh Jonathan, tu sais ce que dit Isabelle Mergault à un automobiliste qui vient de la doubler sur la droite ? SON OF A BIFFFFFFF !!! Merci bonsoir.

Caveat : La revanche du Lapin de Pâques

Il y a plusieurs choix de métiers pour 200€ la nuit. Entre garder un parking, bosser pour la mafia ou faire plaisir à des routiers sur une aire d’autoroute, il y a aussi l’option « se laisser enchainer avec un harnais pour surveiller la nièce psychotique du gars que je connais à peine dans une maison hantée où les parents de la fille sont morts ». Je vous laisse deviner ce que Isaac a choisi. Non Loïc, pas l’option avec les routiers sinon le film se serait appelé « Cave » tout court. On n’est pas au festival de Cannes ici hein, on n’exploite pas la misère des gens.
Bref, Isaac se retrouve enchaîné avec un harnais dans cette maison et ne tarde pas à découvrir le cadavre de la maman derrière un mur. Et vu qu’elle y est depuis quelques jours et que l’histoire d’amour est donc exclue (de nouveau, ce n’est pas le festival de Cannes), Isaac se met à flipper. D’autant que la petite Olga qu’il garde est armée d’une arbalète et n’hésitera pas à s’en servir pour occire l’ours qui pourchasse sa promise, la fillotte du duc de Pouille. Ah non merde, mauvais film.

Plus sérieusement, Caveat est ce genre de film qui vous laisse en tension permanente même quand il ne se passe rien à l’écran. Porté par deux acteurs excellents et une mise en scène d’exception, le long-métrage de Damian McCarthy excelle dans sa maîtrise de l’horreur lente et diffuse à des années lumières des jump scares traditionnels. Un film qui ravive très bien le phénomène d’inquiétante étrangeté. Et puis, on en parle de ce LAPIN FLIPPANT DE SA MÈRE ???? Si vous avez une nièce chiante, offrez-lui le même en cadeau et je peux vous garantir que ça va la calmer !

A propos Olivier Eggermont 84 Articles
Journaliste du Suricate Magazine