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    [BIF Market 2026 Jour 1] C’est parti pour la 10ème édition du BIF Market

    JOUR 1 : on met les pieds dans l’eau doucement… et on se mouille bien la nuque avant de plonger dans le grand bain du BIFFF.

    Voilà plus d’une semaine que nos valeureux rédacteurs et rédactrices arpentent cette édition 2026 du BIFFF afin de vous faire découvrir ce festival unique en Fédération Wallonie-Bruxelles — si vous ne le connaissiez pas encore — avec l’envie, comme chaque année, de rassembler un peu plus de curieux et curieuses, mais aussi de vous partager l’amour que le Suricate porte pour ce festival que la rédaction suit depuis maintenant plus de dix ans.

    Dix années, c’est également la longévité du BIF Market, un espace de rencontres nationales et internationales au service des créateurs de l’industrie cinématographique, dont le but est d’ouvrir aux rencontres et à l’entraide entre professionnel·le·s du cinéma de genre – un milieu qui a ses propres mécanismes, son propre langage, mais aussi ses productions incontournables, où l’entraide et la curiosité sont au rendez-vous. Un espace dédié, nécessaire et riche dans sa diversité de propositions, qui ne manquera pas de nous surprendre.

    Des productions belges récentes comme The Belgian Wave (2023, Jérôme Vandewattyne) ou encore Megalomaniac (2023, Karim Ouelhaj) sont passées par le BIF Market avant leur distribution en salle. Il en va de même pour plusieurs productions internationales, notamment The Holy Boy (2026, Paolo Strippoli), qui est également passé par le BIF Market avant d’être présenté à la Mostra de Venise et programmé à cette édition 2026 du BIFFF. 

    Un programme bien rempli qui nous promet de chouettes rencontres et une mise en lumière sur cette industrie que nous chérissons particulièrement ici, au Suricate.

    L’illustration de cette dixième édition du BIF Market nous est offerte par l’illustratrice et graphiste Sophie Leenders.

    Des rencontres nationales et internationales !

    En ce lundi 13 avril 2026, le Palais 10 prend congé de ses visiteurs. L’occasion pour le BIF Market de se déployer doucement, sans couper l’herbe sous les pieds des cinéphiles, leur laissant ainsi le loisir de découvrir des films, si ça leur chante, dès le lendemain.

    Cette première journée était avant tout l’occasion de faire quelques rencontres. D’abord nationales, ensuite internationales.

    Nous avons commencé la journée en nous intéressant aux systèmes de production belges en matière de cinéma de genre. Une occasion, pour ma part, de mettre à l’honneur notre exception culturelle belge, et ça, c’est beau.

    En effet, dans un monde toujours plus instable où les budgets alloués au cinéma et au théâtre ne sont plus dans nos grandes priorités politiques (et je le dis en le déplorant), demandant toujours plus de résultats, plus de chiffres, plus d’entrées, il existe encore aujourd’hui d’irréductibles cinéastes, scénaristes, comédiens et autres artisans qui s’emparent de leurs caméras, de leur clavier, de leur palette de maquillage pour nous faire frissonner ou rêver, mettant à l’honneur cette façon si particulière de faire du cinéma où la débrouille et l’ingéniosité sont de mise.

    Fort heureusement, certaines productions et certaines aides existent. Nous avons pu entendre de nombreuses voix belges s’exprimer ce matin, nous rappelant — entre autres — l’existence du Tax Shelter (représenté par le SPF Finances), mais également toutes les structures régionales et fédérales qui permettent à notre industrie cinématographique d’exister (Screen Brussels, Screen Flanders, FWB, etc.).

    Ces premières rencontres permettent de mettre en lumière la diversité folle des propositions faites sur un territoire aussi restreint que la Belgique, un pays où des films primés internationalement peuvent cohabiter avec des formes de cinéma plus niches et underground qui n’ont pas à sourciller. La Belgique est un pays où les festivals de musique, de théâtre, mais surtout ici — car c’est ce qui nous intéresse aujourd’hui — de cinéma sont présents en abondance et accueillent chaque année des milliers de propositions internationales. Une industrie que nous devons protéger et mettre en avant, tant l’avenir n’est pas toujours le plus radieux pour les propositions plus radicales et singulières, nous conduisant peu à peu vers des propositions plus « lisses » ou « plateforme-compatibles », avec parfois l’une ou l’autre proposition plus primée ou intellectuelle pour continuer à plaire aux élites intellectuelles et bourgeoises.

    C’est ainsi que je ferai le pont avec les rencontres internationales.

    Avant de venir aux rencontres, je venais avec cette donnée en tête : le cinéma de genre reste, encore aujourd’hui, l’enfant pauvre de l’industrie. Et cela s’est confirmé lors des rencontres internationales, cependant avec une touche d’entraide et de collaboration qui m’ont donné la banane.

    Nous y avons, pendant plus d’une heure, rencontré des producteurs et distributeurs de tous horizons. De Hong Kong (Hong Kong Economic and Trade Office) aux Pays-Bas (The Netherlands Film Fund), en passant par l’Uruguay (Uruguay Audiovisual Agency) et la région Grand Est (CinEuro – France), nous avons découvert d’autres façons de penser le cinéma de genre. Nous avons vu une volonté de créer des ponts internationaux entre ces esprits fous et rêveurs.

    Les collaborations ont toujours été nécessaires pour produire correctement un film, mais ici, il y a une véritable nécessité de frapper encore plus sur le clou — car la fin justifie les moyens, et l’accumulation de ces moyens, par l’entraide et les collaborations internationales, donne des films hétéroclites, inspirés par d’autres cultures, plus libres parfois, moins lisses que les propositions plus classiques de cinéma.

    C’est un peu cliché à dire, mais le cinéma de genre, c’est une grande famille. Une grande famille où on n’hésite pas à aller emprunter les outils dans l’atelier du voisin, où on invite ses copains à jouer dans son film, où l’artisanat reste la clé de voûte de la création, où l’on continue de rêver et de projeter, malgré le manque évident de moyens.

    Un cinéma qui, peut-être plus que d’autres, a à cœur de proposer des œuvres qui créent des ponts entre les différentes façons de penser l’industrie.

    Quelques conseils avisés…

    Cette première journée s’est poursuivie avec une après-midi consacrée aux rencontres et aux échanges avec les professionnels du secteur sous forme de conférences et tables de conversation. L’occasion de poser des questions pour les artistes et professionnels en devenir.

    Cette table de conversation s’est tenue en compagnie de Julian Richards (Jinga Films), Monica Ciarli (Minerva Pictures), Giulia Casavecchia (Piper Play), Andrew Hunt (Raven Banner Entertainment) et Hugues Barbier (Yellow Veil Pictures).

    Créer dans l’industrie n’est pas une mince affaire, mais créer dans l’industrie du cinéma de genre demande une certaine débrouille, comme nous l’avons déjà évoqué plus haut.

    Le premier conseil qui revient perpétuellement dans le discours des intervenant·e·s, c’est qu’il est nécessaire de faire des films que l’on aime avant tout, et que les autres aimeront aussi naturellement ensuite.

    La façon de penser les films n’est finalement qu’une étape bien plus tardive. Ce qui compte plus que tout, c’est l’idée, le concept.

    De par son caractère débrouillard par essence, c’est la marque de fabrique de bon nombre de films dits « de genre » à succès.

    Les intervenant·e·s ont très justement rappelé l’existence du fleuron de cette industrie à petit budget : le très récent Good Boy (2025, Ben Leonberg), dont le budget de 70 000 $ a rapporté plusieurs millions au box-office, mais également Paranormal Activity (2007, Oren Peli), qui a véritablement marqué au fer rouge toute une époque, le très drôle Hundreds of Beavers (2022, Mike Cheslik), qui prouve qu’on peut faire beaucoup de choses différentes avec très peu de moyens, ou encore le sacro-saint The Blair Witch Project (1999, Eduardo Sanchez & Daniel Myrick), véritable référence en la matière, qui a acquis avec les années le statut de film culte.

    Nos intervenants nous rappellent, avec une justesse bienvenue, qu’il n’est pas nécessaire de vouloir viser les écrans de cinéma pour son premier film. L’industrie ne pense plus comme il y a cinq ans. Les publics changent, les modes de consommation également.

    Aujourd’hui, si on produit votre film, on va également se poser les questions suivantes : ce film peut-il être regardé sur une tablette ? un téléphone ? correspond-il aux besoins de consommation des utilisateurs ? Quelles sont les tendances actuelles ? Le film a-t-il un intérêt lié à l’actualité, à un sujet susceptible d’attirer une audience plus large ?

    Toutes ces réalités peuvent sembler terre à terre, mais il semble nécessaire de rappeler que ne s’improvise pas Guillermo del Toro (The Shape of Water, Pan’s Labyrinth) ou Coralie Fargeat (The Substance) qui veut. Il est nécessaire de créer d’abord à petite échelle, de se tromper, d’accepter les coupes et de ne pas viser des objectifs de distribution à la hâte.

    C’est un chemin de croix, pavé de personnes talentueuses ; un chemin qui paraît semé d’embûches, mais dans lequel on n’est finalement jamais seul, tant celui-ci est pensé comme une toile gigantesque entre les différentes réalités de ce cinéma.

    Comme l’ont très bien rappelé les intervenant·e·s, le public se fiche du budget mis dans le film. Le public est là pour vibrer au rythme d’une histoire qui lui parle, qui le surprend, l’interpelle ou convoque en lui un sentiment cathartique.


    Les festivals se rencontrent

    Le BIF Market est aussi un lieu où les festivals internationaux viennent se rencontrer, échanger et créer des ponts. Une occasion de clôturer ce festival en présentant les festivals majeurs en termes de cinéma de genre. 

    Parmi eux :

    • le Bucheon International Fantastic Film Festival (Corée du Sud)
    • Beyond Fest (États-Unis)
    • Carcosian Film Night (Belgique)
    • Fantastic Fest (États-Unis)
    • Grimmfest (Royaume-Uni)
    • Imagine Film Festival (Pays-Bas)
    • Iberseries & Platino Industria (Espagne)
    • MOTELX (Portugal)
    • Night Visions (Finlande)
    • Offscreen (Belgique)
    • Sitges Film Festival (Espagne)
    • Strasbourg European Fantastic Film Festival (France)

    Autant de festivals qui participent à faire du BIF Market un véritable carrefour du cinéma de genre, propice aux rencontres et aux futures collaborations internationales.

    Nicolas Vanderstraeten

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