Apocalypse de John Marsden

apocalypse tome 1 marsden couverture

auteur : John Marsden
éditions : Livre de Poche jeunesse
date de sortie : février 2014
genre : Guerre, Anticipation

Une mode perpétuelle est de faire du neuf avec du vieux. Quelques années peuvent parfois séparer l’original et la copie. L’ouvrage le plus connu est la série des Hunger Games qui, du moins dans son premier tome, exploite une grande partie du film et roman japonais Battle Royale ; les deux ouvrages n’ayant que quelques années d’écart.

Dernièrement, un peu par hasard, la lecture de Quand la guerre a commencé, tome 1 : Apocalypse nous a laissé comme une impression de déjà-vu. Mais au lieu de s’inspirer du concept de son original, le livre copie presque le film qui l’a inspiré : Red Dawn (L’Aube Rouge).

Même si l’un se passe en Australie et l’autre aux USA, l’histoire reste la même : des jeunes, habitants dans une petite ville perdue, décident de partir camper dans les montagnes. A leur retour, le pays a été envahi et les habitants capturés par une force inconnue. Ils devront alors se débrouiller pour survivre et pourquoi pas, entrer en résistance.

Red Dawn, film de 1984, est inspiré en grande partie des interactions entre jeunes devant une telle adversité que l’on retrouve dans le classique de la littérature Sa Majesté des mouches. Il est troublant de voir que John Marsden a démarré sa série de livres en 1987, soit trois années après.

Malgré tout, Apocalypse a ses forces ! Tout d’abord, contrairement au film de John Milius (Conan le Barbare), il développe son épisode au-delà du format réglementaire du cinéma. Il va aussi centrer son histoire sur une femme et s’éloigne du côté viril qui mène les débats de Red Dawn. Et enfin, sa plus grande force, c’est de n’avoir jamais nommé l’ennemi. On ne sait pas à qui l’on a affaire, on ne stigmatise aucune nation. Red Dawn, lui, parlait des Russes ou des Coréens dans son remake idiot sorti en 2012.

Pourtant, ces avantages ne font pas d’Apocalypse, un livre essentiel, même pour ceux ne connaissant pas le film de Milius. L’action tarde à démarrer et, public adolescent oblige, l’histoire est peut-être trop souvent centrée sur les relations entre jeunes adultes, dans le but de faire frémir l’adolescente plutôt que de véritablement exploiter la tragédie des événements ou d’analyser de véritables comportements humains et communautaires. Ces défauts sont d’autant plus frappant dans l’adaptation cinématographique australienne de 2010 (sortie en Direct-To-DVD en 2012 chez nous).

Pour conclure, on peut se désoler du manque d’inspiration d’un concept pourtant intéressant, on peut se féliciter de certains axes pris par Marsden (l’ennemi n’est pas nommé) et, même si on peut apprécier un livre facile à lire, on ne sera jamais totalement convaincu. L’auteur n’ayant pas assez exploité son histoire au profit du destin des héros, calibrée pour les midinettes.

Loïc Smars
A propos Loïc Smars 304 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine

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