Prussian Blue, l’art contemporain sous l’oeil de spécialistes

Prussian Blue est un magazine explorant le monde de l’art, plus précisément ce qui ce fait en art contemporain. Toutefois, nous ne pouvons pas mettre de césure claire entre les différentes périodes artistiques explorées dans les différents articles. Si bien que le baroque intervient par exemple dans un dossier présentant un artiste contemporain napolitain.

De facture très travaillée, Prussian Blue est agréable à lire et reste, malgré l’herméticité a priori de ces sujets, accessible au non-initié, quoique certaines phrases doivent être relues à plusieurs reprises pour être complètement comprises. Le magazine explore par exemple, dans son numéro du printemps 2014, à travers son dossier Atelier d’artiste, l’atelier de Giuseppe Zevola, artiste napolitain hors du temps, baroque et intemporel à la fois. La visite de son atelier permet d’appréhender son univers artistique et d’en apprendre un peu plus sur sa personnalité artistique.

Au travers la visite du palais napolitain de Robert Kaplan, Prussian Blue s’attarde sur le mécénat moderne et le support apporté de nos jours aux artistes actuels dans la veine du mécénat traditionnel. Sous forme d’interview, cet article nous plonge dans l’univers d’une collection privée qui construite au fil du temps et des envies.

Le dossier sur l’Urbex permet de toucher à ce concept de photographie de lieux de désolation. Ces abandons architecturaux renaissent sous le point de vue construit de l’œil du photographe. Illustré de nombreux exemples, cet article est bien construit et facilement compréhensible par le lecteur qui peut dès lors en apprendre plus sur l’errance et la déshérence.

Les pages bleues, dossier au centre du magazine, explore le marché de l’art et les différentes expos et vernissage. Le marché et ses acteurs présente dans ce numéro de printemps 2014 l’état de la photographie en Iran, avec ses succès et ses désillusions face aux règles du marché international. L’interview d’Anahita Ghabaian Etehadieh, directrice et fondatrice de la plus grande galerie de photographie de Téhéran, la Silk Road Gallery, montre la réalité du terrain de l’état de l’art en Iran. Sans mâcher ses mots, les travers du marché international sont clairement molestés et les droits des photographes iraniens sont défendus avec force par cette amoureuse de l’art de son pays.

Prussian Blue se laisse donc aisément lire, si tant est qu’on ait quelques affinités avec l’art et l’envie de découvrir l’art contemporain.

Déborah Lo Mauro
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Journaliste

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