La Ville au Rideau de Bruxelles

De Martin Crimp, mise en scène de Michael Delaunoy, avec Anne-Claire, Serge Demoulin, Valérie Marchant, Mina Milenkovic, Oksana Pentazidis, photo: © Alessia Contu

Du 21 avril au 9 mai 2015 à 20H30 au Rideau de Bruxelles

Il faut du temps pour comprendre, au cœur de ce spectacle, où se place la référence à la ville. Présentée en proximité directe avec le public, placée dans un couloir de pérégrinations visuelles, la pièce La ville raconte l’histoire banale d’un couple. Lui a perdu son emploi et s’enlise à la maison pendant qu’elle se tait et tâche de se montrer patiente. Sans parler de cette étrange voisine qui, loufoque, débarque un jour pour leur conseiller d’enfermer leurs enfants dans la salle de jeux.

L’ambiance, dans cette création, est étrange et absurde. Le texte se décline avec une tournure de style qui pourrait à termes conduire à une certaine forme d’agacement et le discours des comédiens a parfois de quoi perdre l’attention des spectateurs. Bien sûr, le talent des acteurs n’est pas à remettre en cause ; il est simplement question d’une façon particulière de projeter l’imaginaire dans une version soumise à l’histoire même.

La mise en scène est simpliste mais idéale pour la forme et la rythmique se cadence avec aisance, menée par des  coupures musicales qui permettent de reprendre son souffle.  La ville est une pièce complexe à cerner dont le dénouement est essentiel pour réaliser que l’on ne s’est pas ennuyé uniquement par dépit. On pourrait dire qu’il faut aimer l’approche mais – sans pour autant dévoiler la fin – on est un peu déçu que ce soit ça : une dynamique créative quelque peu téléphonée, une chute qui manque de surprise.

En somme, La ville n’est pas un échec en soi mais bien une création qui exige d’apprécier le style sur-joué qu’elle impose. Malgré tout, la performance est plus que louable et le résultat relatif  à la vision que tout un chacun se crée d’une même histoire. A saluer particulièrement : le jeu et l’énergie des acteurs qui se livrent avec brio au jeu des fausses vraisemblances.

Justine Guillard
A propos Justine Guillard 91 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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