Ceci n’est plus un couple : une pièce halal et casher

ceci n'est plus un couple affiche

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Mise en scène : Ismaël Saidi avec Audrey Devos et Ismaël Saidi

Jusqu’au au 27 juillet tous les jours à 22h10 au Théâtre de l’Observance au Festival OFF à Avignon

Démarré en 2011, le duo de Ceci n’est plus un couple a déjà effectué plus d’une cinquantaine de dates en France, en Belgique ou, même, au Maroc. Pourtant, le passage par le gigantesque festival d’Avignon est indispensable pour toucher un plus large public encore. C’est à cette occasion que l’on a découvert Audrey Devos et Ismaël Saidi, qui divorcent, surtout pour le pire.

Le spectacle démarre avec le couple devant un notaire (en voix off), car la beauté de ce couple mixte (musulman pour monsieur et juive pour madame) n’aura pas tenu les années. Les difficultés religieuses de leurs deux familles très croyantes ont eu raison de leur passion. S’en suit une heure de rires où les deux protagonistes vont taper humoristiquement sur la religion de l’un et de l’autre. Que ce soit autour du partage des affaires, comme des souvenirs de leur rencontre ou du début de leur vie commune.

La charmante Audrey Devos joue la femme juive et Ismaël Saidi, l’homme musulman. Si Devos captive le public dès son entrée en scène, Saidi prend plus de temps à entrer dans l’histoire. Etant scénariste (Morrocan Gigolo’s) de formation et créateur du spectacle, il tire son épingle du jeu, pour quelqu’un qui n’est pas comédien de formation et porte à bout de bras un rôle que personne n’osait interpréter.

Il faut avoue que le sujet n’est déjà pas facile mais qu’en plus le texte ne se censure pas et n’hésite pas à appeler un chat un chat. Si le sujet a fait peur à plusieurs comédiens ou programmateurs, l’acharnement d’Ismaël Saidi a payé et selon lui, aucun public n’a été outré ou révolté par le spectacle, quel que soit le quartier ou le pays.

Malgré tout un point noir est à reprocher : les noirs et les enchaînements du début du spectacle sont vite lassants et déroulent la pièce comme une succession de sketchs. Le premier tiers passé, c’est comme si nos souhaits étaient exaucés et ce genre d’erreurs finit par disparaître et rendre la suite bien plus fluide. Ceci n’enlève rien à la prestation des comédiens mais pourrait braquer quelques spectateurs impatients.

Au final, le duo Devos/Saidi fait mouche, en diabolisant les clichés et le racisme d’une religion, qui n’est pas la sienne, et tend un véritable message de tolérance. Rire et dénoncer, n’est-ce pas le propre du théâtre ? C’est d’autant mieux quand c’est réussi.

Pour pouvoir assister à la pièce, vous avez jusque fin juillet au Théâtre de l’Observance à Avignon, dans le cadre du festival, ou alors vous devrez attendre leur retour sur notre territoire belge.

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Loïc Smars
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Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine

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