BIFFF 2014 : Belgian Day et actualités

Comme chaque année, dès 11h le matin, heure totalement indécente pour le rythme que l’on a pendant le festival, se déroule la projection des courts-métrages. Tout d’abord, la compétition composée d’une sélection de films fantastiques belges et ensuite d’un hors compétition où les responsables, depuis peu, se font plaisir en diffusant tous les courts-métrages n’entrant pas dans la compétition.

Babysitting_story

La compétition démarre fort avec une petite perle : Babysitting Story. Une histoire cohérente, des rebondissements inattendus et surtout une image soignée. Cette histoire racontée entre deux amies sur la possibilité d’un vampire dans leur ville va permettre au réalisateur (Vincent Smitz) d’exploiter une sympathique idée, faire en sorte que les deux filles soient toujours au cœur de l’action, continuant de raconter leur histoire.

lilth(2)

Lilith, quant à lui, tente de nous convaincre avec les déambulations nocturnes d’une jeune assoiffée de sang dans les rues de Bruxelles. Même si l’actrice principale, Renée Vervaet (Little Black Spiders) a un charisme certain, le reste du film est trop kitsch, trop long pour convaincre réellement.

titreindetermine

Dans le cas de Titre indéterminé, on espérait l’originalité promise : trois comédiens dans la rue font évoluer leur histoire grâce aux caprices de leur auteur qui lance ces idées au moyen d’une brique aux protagonistes. Malheureusement, rien de fonctionne jamais correctement. Les acteurs ne sont pas très bon et le final est ridicule (un monstre vert nucléaire, WTF ?). Un générique hilarant de ringardisme finit d’achever un court qui pourtant avait quelques beaux pics d’humour.

Prrreüte est l’archétype même du court-métrage qui veut faire original à tout prix mais qui n’est finalement qu’un ovni dérangeant dans lequel le spectateur n’entre pas. Sur une planète lointaine (ou des anges dans le ciel ?), deux amoureux interagissent. Derrière eux, une poule. Qui fait du bruit en plus. Il jouit avec un doigt dans l’oreille. Pourquoi pas. Pourtant, malgré une image assez jolie, Thierry De Coster, que l’on avait vu présenter l’année passée le très bon trailer du film Les Oubliées, n’arrive jamais à convaincre.

Out-of-Frame

Pour Out of Frame, j’ai eu deux lectures différente. La première pendant le film et la suivante après avoir appris une simple donnée supplémentaire : le court s’inspire d’un tableau de Hopper. Le court comme la peinture symbolise l’œuvre de Hopper sur la solitude. À partir de cette explication, on finit par comprendre un peu mieux l’intérêt de montrer les déambulations de ce gardien de musée solitaire.

Close-up-poker-3

L’avantage avec un court-métrage d’animation, c’est de sortir du lot au milieu des autres productions mais le danger si le dessin n’est pas à la hauteur, on risque de vivre un sacré calvaire. C’est le cas de Close Up, qui n’arrive pas à garder la qualité visuelle des premières secondes et l’histoire de quatre hommes jouant au poker dans un bar obscur ne décolle jamais. Dommage.

interference_poster

Interférence est le type même du court-métrage où on ne comprend pas vraiment l’intérêt. Une femme vit isolée de tous bruits et contacts extérieurs. Mais un jour une sauterelle débarque. Fin. Malgré plusieurs visuels prometteurs et intrigants, on n’accrochera jamais totalement à l’univers proposé.

figures

Dans le cas de Figures, il y a une bonne et une mauvaise idée. La mauvaise est d’avoir centré son scénario sur une histoire mystérieuse qui ne sera jamais totalement comprise. La bonne est d’avoir trouvé la jeune actrice sourde, qui crève littéralement l’écran en petite fille pensant entendre la Reine des abeilles communiquer avec elle.

oculus

Oculus est un court-métrage ambitieux qui veut nous présenter une histoire de poupée maudite qui aurait une influence sur la famille qui la possède. Avoir de l’ambition, c’est bien, la réussir c’est mieux. Les acteurs sont mauvais, l’image fait penser à une vieille sitcom anglaise et tous les effets de l’histoire tombent à plat. Un coup dans l’eau.

la chambre noire

La Chambre noire est un certain hommage au cinéma muet. Un jeune assistant photographe découvre son pouvoir d’entre dans les photos qu’il développe. Autant ce court à du charme, autant le travail sur la vidéo dans les photos est sublime, autant le reste forme une sorte d’assemblage kitsch de scènes pas très intéressantes sur le monde de l’Art.

voisins

Voisins est un récit d’anticipation inspiré d’une nouvelle de Renato Lazzaroni. Le concept de l’histoire, on a pu le découvrir grâce à The Purge dont la trame est similaire. Chaque année, pendant une période déterminée, le peuple peut assouvir tous ses instincts de violence avant de continuer son petit train-train habituel. C’est une histoire originale et sa mise en image est assez bien réussie. Bravo !

intus

Intus, c’est l’histoire d’un homme qui se réveille dans une chambre emmurée avec comme seul lien avec l’extérieur, un téléphone dont on reçoit les appels sans pouvoir l’utiliser en retour. Grâce au talent de Jérémie Renier et à un final bluffant, Intus est une belle réussite.

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Boules of Death a le titre et l’histoire pour être le court type du BIFFF. Deux frères vont être confrontés à un démoniaque vendeur de Delicatessen. C’est très sanglant, c’est visuellement très intéressant et la scène où l’on voit ce qu’il se passe sous le sable est extraordinaire (l’un des frères est enterré jusqu’au cou dans le sable).

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Inspiré un peu de The Truman Show, Naïve suit le quotidien d’Emma qui se rend compte que sa vie est un mensonge orchestré par sa mère qui paye amis et amoureux pour sa fille. Si l’idée est intéressante et les acteurs assez bons. On s’étonne finalement de ne pas garder en mémoire un court banal.

Dans l’ensemble, on est assez déçus de la programmation de cette année par rapport à la précédente édition qui nous avait donné son lot de petites perles. Le grand malheur a été d’avoir des artistes cherchant toujours à faire plus original que les précédents mais qui oublient totalement d’être efficaces.

Au niveau des prix, l’UPCB (Union de la Presse Cinématographique belge) était en accord avec les autres journalistes présents dans la salle et a consacré Babysitting Story (à revoir au Brussels Short Film Festival), notre perle du jour. Le film aura aussi le Prix Fedex qui sponsorise son gagnant. Le grand gagnant de la journée fut surtout l’énigmatique mais beau, Figures, qui part avec le Prix jeune, le Prix BeTV et le Prix de la SABAM.

L’inattendu arrive avec les trois derniers prix. La RTBF a décidé d’acheter Interférences, qui est certes, le plus approprié à être diffusé à toutes heures pour tous publics mais c’est aussi un court pas très intéressant. Mais il se dégage tout de même une promesse visuelle certaine. Chose que n’aura pas le dernier film gagnant.
Le Grand Prix du Festival et le Méliès d’Argent ont été attribué au film Lilith, long court-métrage trop kitsch et plutôt emmerdant qui n’avait pourtant pas convaincu grand monde dans la salle. C’est le jeu.

Malgré toutes nos critiques, parfois incisives, on félicitera tout de même tous les gens qui ont travaillé sur ces courts. La concurrence est rude et seuls les meilleurs sortent du lot. Malgré tout, c’est aussi grâce à tout ce monde que le cinéma peut se développer, tendre à toujours s’améliorer et faire évoluer un cinéma belge qui s’était trop enfermé dans un cinéma social.

Samedi, c’est raviolis ?

Ce samedi est la plus grosse journée du BIFFF ! Pour commencer la ZomBIFFF parade va enflammer les rues de Bruxelles. Dans les salles obscures vont s’enchaîner Ghost in the Shell, Dark Blood (dernier film de River Phoenix), etc. Mais surtout le très attendu Zero Theorem de Monsieur Terry Gilliam. Pour les courageux qui ne sombrent pas encore, commencera la Nuit du Fantastique avec en introduction, Goal of the Dead, le premier film de zombies footballeurs.

Ce dimanche sera par contre une journée OFF pour l’équipe du Suricate Magazine. On se retrouve lundi, en forme ! Ou mort.

Loïc Smars
A propos Loïc Smars 304 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine

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