Triple 9, assassin de la police

triple 9 poster

Triple 9

de John Hillcoat

Policier, Thriller, Drame

Avec Casey Affleck, Anthony Mackie, Kate Winslet

Sorti le 13 avril 2016

Contraint par la mafia russe à exécuter un braquage périlleux, un groupe d’anciens militaires et de policiers véreux doit trouver le moyen de retenir les forces de l’ordre assez longtemps pour pouvoir effectuer le casse en toute impunité. Ce n’est là que le début d’une lente descente aux enfers.

Après Des hommes sans lois (Lawless), John Hillcoat s’intéresse à nouveau à une famille criminelle, le terme « famille » étant ici à prendre au sens large. Mais à qui peut-on réellement se fier, et surtout, comment espérer s’en sortir dans un univers où les lois semblent n’exister que pour être bafouées et où le moindre sursaut d’humanité peut avoir des conséquences désastreuses ?

Avec ses personnages pris dans des évènements qui  les dépassent et qui cherchent à tout prix à s’en sortir, Triple 9 n’aurait sans doute pas été renié par le Chuck Hogan de The Town (adapté au cinéma par Ben Affleck), ou plus encore de Tueurs en exil dont on retrouve le rythme sans fioritures, mais également des héros prêts à recourir à une grande brutalité, de manière presque naturelle.

On comprend donc l’intérêt de John Hillcoat pour le projet. Le réalisateur n’a, en effet, eu de cesse de dresser des portraits de personnages qui évoluent dans la zone grise, tout au long de sa filmographie. Ni bons, ni totalement mauvais, les héros du film confirment l’intérêt du réalisateur pour une légère nuance.

Le résultat est néanmoins atténué ici, la rapidité de l’action empêchant un réel développement  émotionnel, surtout que la caractérisation des différents protagonistes n’évite pas certaines facilités. Le phénomène est cependant contrebalancé en partie, grâce à l’interprétation d’un casting solide qui apporte un peu d’âme à une mécanique huilée (un peu trop) et sans concessions.

Car Triple 9 se révèle violent et jusqu’au-boutiste, non sans ménager au passage une petite place à une ironie assez sombre et bienvenue, le tout rehaussé par une mise en scène dynamique, malgré quelques effets de style pas toujours nécessaires. Il n’en faut pas plus pour faire de ce polar carré un très bon film de genre.

Guillaume Limatola
A propos Guillaume Limatola 123 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine

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