The Gang
Poker
Éditeur : Iello
Fin de soirée à la maison. Seuls 4 survivants sont encore présents autour de la table. L’heure de rentrer ? C’est sans compter la question innocente de l’hôte de la soirée. « Ça vous tenterait de tester un jeu de poker coopératif ? » L’accueil est tiède mais on commence néanmoins la mise en place du jeu.
Le but ? Les 3 à 6 joueurs incarnent des gangsters devant réussir trois braquages pour remporter ensemble la partie. Et qu’est-ce qu’un braquage ? Une manche de Poker, à la sauce Texas Holdem. Mais puisqu’il s’agit d’un jeu coopératif, le but n’est plus d’écraser les autres avec son carré d’as, mais de juger la force de sa main par rapport à celle des autres joueurs. Pour ce faire, au lieu de miser quelques billets à chaque carte révélée, on va plutôt prendre des jetons pour indiquer à ses complices à quel niveau on pense se situer par rapport à eux. La communication est très limitée et c’est à coup de regards, attitudes, petites moues que l’on tente de se situer parmi les convives.
Mon pote Florian a l’air bien sûr de lui, mais a-t-il réellement mieux que ma paire de rois ? Et Céline qui prend le jeton floqué d’une étoile (symbole de la main la plus faible), a-t-elle réellement une main aussi mauvaise que celle de Maud qui la dévisage d’un air soupçonneux ? Cette dernière lui vole d’ailleurs son jeton, en lui faisant comprendre qu’elle n’a sûrement pas pire tirage qu’elle.
Et quand vient le tour de dévoiler sa main, les cris, soufflements et remontrances fusent. Alors que je brandis fièrement une paire de rois, voilà que Florian nous présente une paire d’as. Vu que j’avais estimé avoir la meilleure main de la table, Caramba, le braquage est raté !
Pas de panique, ce n’est que la première manche et tout est encore possible. D’autant plus qu’en cas de défaite, le jeu nous permet de tirer une carte complice qui nous donne un bonus lors du prochain tour de jeu. Et au contraire, si on remporte la mise, un malus viendra corser le braquage suivant. Loin d’être anecdotiques, ces petits changements de règle peuvent complètement renverser la situation.
2H30 et 8 ou 9 parties plus tard, l’enthousiasme a pris le dessus sur la perplexité initiale. Chacun reparle des mains les plus marquantes de sa soirée, le sourire aux lèvres. The Gang a clairement fait mouche et que cela soit l’ancien joueur de poker acharné ou celle qui ne maîtrisait aucune règle en début de partie, tout le monde a apprécié sa soirée. Et promis, la prochaine fois, on compliquera encore le jeu en utilisant les variantes Pro ou Gangster.
Poker et jeu coopératif peuvent donc faire bon ménage, et ça je ne l’aurais pourtant pas parié. Même s’il est vrai que si personne à table ne maîtrise un minimum l’art du Poker, il perd sans doute un peu de sa saveur. Mais après quelques parties de rodage, la seule envie est d’en refaire une petite dernière. Et ça, c’est la marque des grands jeux.
