
Sukkwan Island
Réalisateur : Vladimir de Fontenay
Genre : Drame
Acteurs et actrices : Swann Arlaud, Woody Norman, Alma Pöysti
Nationalités : France, Norvège, Belgique, Grande-Bretagne
Date de sortie : 29 avril 2026
Choisissez une île, la plus lointaine et isolée possible, avec des conditions de vie extrêmes, disons l’Alaska. Mettez-y un homme paumé, instable et toxique, et ajoutez-y son fils, un ado boutonneux qui n’a plus parlé à son père depuis belle lurette. Saupoudrez le tout du fait qu’ils pensent être seuls sur leur île. Voilà, vous avez tous les ingrédients pour vivre un cauchemar survivaliste, spécialité américaine.
Adapté du roman éponyme de l’auteur américain David Vann, qui avait rencontré un certain succès à sa sortie (2008), Sukkwan Island est dans le sillage direct d’Into the Wild, autre roman américain qui avait été brillamment porté à l’écran par Sean Penn (2007).
Le roman Sukwann Island est inspiré de la vie de son auteur, et de sa relation tumultueuse avec son père. A la différence d’Into the wild, où la solitude est pesante, la tension se joue ici principalement entre les deux protagonistes, dans la relation père-fils. Il faut dire que le père, Tom, interprété par Swann Arlaud (qui parle anglais avec un accent français pas piqué des hannetons), a tout d’un raté. Il est dans un passage à vide depuis sa dernière relation et essaie désespérément de renouer avec son fils, Roy, qu’il n’a plus vu depuis longtemps étant donné que ce dernier vit chez sa mère. Tom propose un plan fou à son fils, qui a tout de la mauvaise idée : vivre un an ensemble sur une île déserte en Alaska. La nature omniprésente se transforme alors en un véritable huis-clos et la relation dégénère assez logiquement.
La relation entre les deux personnages suscite beaucoup de malaise, et le jeu d’acteurs, qui n’est pas brillant, accentue la gêne. Heureusement, l’intrigue originale du livre soutient assez bien le film et surprend le spectateur. D’ailleurs, le danger du spoil, digne de Shutter Island, guette. L’adaptation proposée par Vladimir de Fontenay n’apporte donc pas grand chose au livre et on préférera sans doute lire le livre.
