Bienvenue dans Back to the 20th Century ! Retrouvez toutes les semaines, l’histoire d’un film sorti au 20ème siècle, il y a 30 ans, 40 ans, 50 ans, etc.

Il y a 40 ans, lors de la cinquième semaine d’avril 1986, sort Police Academy 3 de Jerry Parris, une suite qui revient à ce qui a fait le succès du premier volet : des personnages atypiques qui rejoignent l’académie de police.
Au départ, le concept est imaginé par le producteur Paul Maslansky qui avait remarqué, à San Francisco, un groupe de cadets de la police avec des profils peu attendus dans ce type de profession. C’était suite à une demande du Maire de la ville que la police avait dû accepter tout le monde et les instructeurs n’avaient que la possibilité de les éliminer. Maslansky s’est alors demandé : et si ces candidats arrivaient à réussir les tests d’entrée ? Autant dire que le casting est important pour un tel projet.



Après avoir envisagé Michael Keaton, Tom Hanks, Judge Reinhold ou même Bruce Willis pour le rôle principal, le personnage de Mahoney sera incarné par le jeune Steve Guttenberg. Il sera accompagné d’une autre débutante, Kim Cattrall (la future Samantha de Sex and the City) et par une flopée d’acteurs et actrices aux profils originaux pour compléter la distribution dont certains seront des visages récurrents de toute la saga. Les plus fameux seront David Graf (qui interprète le dingue de flingues Tackleberry), George Gaynes (le commandant loufoque de l’académie) et Michael Winslow (qui sait imiter à peu près tous les bruits avec sa bouche) qui joueront dans les 7 films. Winslow prendra même l’avantage en étant aussi un acteur récurrent de la série télévisée qui sera diffusée en 1999 en France et en Belgique.

Au vu du succès du film, une suite est rapidement mise en chantier et un an plus tard, on les retrouve cette fois hors de l’académie et dans leur première affectation dans un commissariat de quartier. On y retrouve certains protagonistes du premier et on découvre aussi quelques personnages qu’on retrouvera dans le troisième volet comme le gentil Sweetchuck, le chef de bande Zed et le duo de policiers Mauser et Proctor, le duo de policiers qui fera tout pour compromettre la bande de Mahoney pour assouvir leurs ambitions.

Comme le film a fait moins d’entrées que le premier volet, pour le troisième opus, la production décide de revenir aux sources et revenir dans les murs de l’académie de police du Commandant Lassard. Et c’est surtout l’occasion de citer les deux premiers films avec la logique que si on reprend tout ce qui fonctionne dans les deux opus, y a pas de raison que ça ne fonctionne pas ?

On retrouve alors toute la bande du premier opus : Mahoney (le héros dragueur), Hightower (le colosse au grand coeur), Tackleberry (le dingue des flingues), Larvell Jones (le bruiteur), Hooks (la discrète qu’il ne faut pas chercher), Callahan (l’instructrice et femme fatale), Douglas Fackler (le mari de banlieue), Copeland et Blanks (les deux traitres et lèches-culs) et bien sûr le Commandant Lassard. Mais aussi, plus étonnant, le méchant du premier, joué par Doug Lennox et la prostituée qui trouble le Commandant Lassard et le Capitaine Harris. Elle est jouée par Georgina Spelvin, une ancienne actrice pornographique venue faire un clin d’œil, le public qui la connait devant la reconnaître dans le film.

On retrouve aussi les deux duos qui ont marqué le deuxième volet : Mauser et Proctor, les deux policiers qui tentent de faire du tort à notre équipe de bras cassés afin d’assouvir leurs ambitions ainsi qu’un duo plus improbable : Zed, l’ancien chef de bande du deuxième film et Sweetchuck, le pauvre boutiquier que Zed harcèle. Ils se retrouvent tous les deux dans la nouvelle promotion de cadets de l’académie. Au total, ce sont pas moins de 25 membres des deux distributions qui sont de retour dans cet épisode !

Pour compléter leur fine équipe, on retrouvera aussi de nouveaux personnages. Après Kim Cattrall, c’est au tour de Shawn Weatherly (ancienne Miss Univers de 1980) de jouer le personnage féminin qui sera séduite par Mahoney. On retrouve aussi le beau-frère de Tackleberry et la femme de Douglas Fackler (celle qui voulait empêcher son mari d’y aller dans le premier film) mais qui n’est pas interprêtée par la même actrice. Le dernier personnage de l’équipe, c’est Nogata, un policier japonais venu découvrir les méthodes américaines mais qui s’est fait jeter de l’académie de Mauser. Pour l’anecdote, le personnage devait être au départ indien et il reste deux scènes héritées de ce personnage aux compétences de Fakir : Nogata dort sur un lit à clous et montre la puissance de l’esprit quand il met sa main au-dessus d’une flamme sans se brûler.

Il est ensuite temps pour tout ce petit monde de partir en tournage. Et pour faire à nouveau comme le premier, l’équipe repart tourner à Toronto au Canada, le tournage à Los Angeles pour le second a été trop compliqué à gérer. Les plus attentifs pourront reconnaître que les scènes ne se déroulent pas aux USA à plusieurs moments. Tout d’abord, lors de la scène où la femme de Fackler essaye d’aller à l’académie malgré que son mari essaye de l’en empêcher, on aperçoit à un moment un kiosque à journaux où l’on voit sur le présentoir les exemplaires du Toronto Sun. Plus tard, on voit une carte informatisée de la ville et on peut reconnaître les rues du centre-ville de Toronto. Dans la scène où Tackleberry tire sur une télévision, on distingue un distributeur de boissons de la version canadienne de la marque d’orangeade Sunkist, le C’Plus. Et enfin, le plus marquant, c’est la silhouette de la ville que l’on voit clairement lors des scènes finales dans le club nautique.

A sa sortie, le film réussit encore à être un succès public, dépassant à nouveau les 100 millions de dollars de recettes, même si c’est à nouveau inférieur au film précédent. Du côté de la critique, la plupart admettront que le film est tout de même meilleur que le deuxième ou les suivants mais s’accorde à dire qu’on est tout de même loin de la fraîcheur du premier. Grâce à cela, Steve Guttenberg, déjà hésitant pour ce volet, acceptera de signer pour un quatrième (et dernier). Mais il y aura deux absents notables. L’acteur qui interprète Mauser ne reviendra pas (hormis une apparition dans la série télévisée) car il a subi un accident domestique qui l’a laissé paralysé pendant un moment et il se ménagera par la suite. Le réalisateur, Jerry Parris, ne resignera pas pour l’opus suivant malgré la confiance placée en lui par le producteur car il est décédé dix jours après la sortie du film.
Pour en finir avec les anecdotes, citons en une qui ne concerne que le public francophone. Les deux doubleurs de Copeland et Blanks, respectivement François Leccia et Richard Darbois, échangeront leur place sur ce troisième film.

Finalement, le retour aux sources permet à Police Academy 3 de rester populaire auprès du public et de faire mieux qualitativement que le second opus. C’est ce qui permettra sûrement à l’univers de s’étendre sur encore quatre films par la suite ainsi qu’une série télé (en 1997) et un dessin animé (en 1988). Mais hormis le dessin animé, la franchise a continué à être sur la pente descendante, chaque film faisant toujours moins de recettes et Steve Guttenberg laissant tomber son rôle de Mahoney à partir du quatrième. A l’heure actuelle, on a plusieurs fois cru au reboot de la franchise mais chaque projet est pour le moment tombé à l’eau et malgré que Steve Guttenberg reste optimiste sur le fait qu’un jour Police Academy revienne sur le devant de la scène, cela semble tout de même compromis au vu du nombre d’annulations ces 20 dernières années.
