Titre : Somewhere and Somehow
Auteur.ice : Olivier Metzger, texte d’Eric Reinhardt
Edition : Actes Sud
Date de parution : 03 juin 2026
Genre du livre : Catalogue de photographie
L’écrivain Eric Reinhardt rend hommage à un photographe phare, véritable prestidigitateur de la lumière : Olivier Metzger. Somewhere and Somehow est un catalogue presque dépourvu de paroles qui, rassemblant de nombreux clichés, est pensé comme une épopée à travers l’univers onirique de l’artiste.
Somewhere and Somehow s’ouvre comme un voyage, sur une montagne embrumée. Un garçon aux cheveux roux attend dans une voiture couleur rouille, prêt à démarrer. Et nous voilà partis avec lui, en route vers un autre temps. Un temps habité par le calme sibyllin de la nature, par le règne du bois, et par le passage de vieilles automobiles. Olivier Metzger partage avec nous son obsession pour les allées éclairées par des lampes à vapeur de sodium, et ses routes désertées. Un comble pour ce photographe qui nous quittera prématurément des suites d’un accident de voiture.
L’écrivain Eric Reinhardt lui dédie donc ce livre hommage, regrettant l’immense perte que représente sa mort pour le monde de la photographie. Olivier Metzger s’était tourné vers l’art après avoir exercé en tant qu’infirmier en hôpital psychiatrique. De sa première profession, il gardera un regard profondément humain et sensible qui le fera remarquer d’abord par l’agence Modds, puis par Télérama. Une humanité étrange, souvent troublante, qui se révèle dans ses jeux de lumière et dans son amour pour les nuits noires. Olivier Metzger, comme nous le confirme Eric Reinhardt dans sa postface, est un amoureux des ambiances, souvent crépusculaires, qu’il travaille avec précision et patience, capable d’attendre le court instant durant lequel le jour fait don d’une lumière idéale.
Somewhere and Somehow est le fruit d’une demande spéciale adressée à Eric Reinhardt par les Rencontres de la Photographie : composer un slide show rendant hommage au travail d’Olivier Metzger. L’écrivain avait alors exposé non pas les photographies les plus connues de l’artiste, mais bien celles qui, ensemble, traduisaient le mieux l’univers énigmatique qu’il avait réussi à créer. Et pour cela, il faut féliciter Eric Reinhardt. Avant même qu’il ne l’explique, l’objectif de son geste nous apparaît limpide. Il y a du Lynch chez Metzger, à n’en pas douter. Ses images nous bouleversent. Mais c’est aussi le chemin qu’emprunte Eric Reinhardt qui parvient à les sublimer.
L’auteur de L’Amour et les Forêts respecte une forme de rythme, parfois même une homogénéité colorimétrique, dans sa mise en page. Un palmier avec son cœur de feu fait face à un vieux téléviseur rouge sur fond de papier peint pistache. Un homme dans son costard carmin semble tendre une main vers la patte d’un homard. C’est l’automne. Mais doucement, une forme de fraîcheur apparaît. Le soleil pointe timidement son nez. Quelques touches d’un châtain chaud viennent troubler des paysages d’un blanc sibérien. Le voyage se déroule avec harmonie. Et à l’arrivée, il y a presque un goût de trop peu. Trop peu d’images. Trop peu de clés de lecture. Mais une belle découverte.
