
Sept fois dimanche
Autrice : Anne-Claire Lévêque
Illustrateur : Nicolas Zouliamis
Éditeur : Seuil Jeunesse
Date de parution : 11 septembre 2026
Genre : Album jeunesse
Destiné aux enfants dès 6 ans, Sept fois dimanche propose une immersion dans un royaume imaginaire où sept souverains se partagent le pouvoir au rythme des jours de la semaine. Cette fable sur la gouvernance et le vivre-ensemble dégage une atmosphère très particulière, notamment grâce à ses illustrations, mais laisse une impression mitigée.
Sept rois pour gouverner un même royaume
Au royaume d’Ici, chaque jour de la semaine est placé sous l’autorité d’un roi différent. Tous possèdent une personnalité bien marquée et exercent leur pouvoir à leur manière. Le roi Lundi avance comme un bulldozer et bouscule tout le monde sur son passage. Le roi Mardi est un véritable rat de bibliothèque qui ne quitte quasiment jamais son bureau. Le roi Mercredi, joyeux et fantasque, est l’un des plus populaires, tandis que le roi Jeudi ne jure que par l’ordre et le respect des règles. Chacun impose ainsi son style au royaume lorsque vient son tour de régner.
L’équilibre est rompu lorsque sa majesté Dimanche, décontracté mais aussi paresseux, décide de conserver le trône au-delà de son jour de règne. Cette entorse à la division du pouvoir grippe toute la mécanique du royaume et soulève plusieurs questions. Le pays fonctionnerait-il mieux sous l’autorité d’un seul roi ? Ne faudrait-il pas plutôt une meilleure collaboration entre les sept rois pour dépasser les rivalités et tirer profit des qualités complémentaires de chacun ? L’album délivre ainsi un message assez classique sur l’importance d’éviter de concentrer trop de pouvoir en une seule personne et sur les vertus de la collaboration.
Une drôle de mécanique
Malgré certains aspects originaux, le récit peine à susciter l’intérêt ou l’adhésion. Le lien entre la personnalité des différents rois et les effets sur la vie des habitants est assez flou, et les péripéties paraissent un peu décousues. Les jeunes lecteurs apprécient en revanche la structure du récit, rythmée par la succession des jours de la semaine, avec comme point culminant l’arrivée du week-end.
C’est davantage sur le plan graphique que Sept fois dimanche se distingue. Les illustrations occupent de vastes doubles pages et donnent naissance à un univers singulier. Le royaume prend la forme d’une horloge mécanique peuplée de petits personnages : les sujets du royaume. Les souverains apparaissent quant à eux comme des géants manipulant les habitants tels des pions au sein de cet engrenage complexe. Des touches surréalistes renforcent le caractère étrange de cet univers : un roi possède des yeux coniques, un autre arbore des oreilles de chat. Attention d’ailleurs : le roi Dimanche, représenté comme un géant obèse aux ongles crochus et dévoreur d’humains, est susceptible de faire peur aux lecteurs les plus jeunes ou les plus sensibles.
Au final, Sept fois dimanche est un album visuellement ambitieux et doté d’une identité forte,
avec pour corollaire de susciter des réactions très différentes selon la sensibilité de chacun. Par ailleurs, il ne faut pas s’y tromper : il ne s’agit pas d’un livre pour apprendre aux enfants les jours de la semaine !
