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    Romería, renouer avec ses fantômes

    S’il y a bien une thématique que l’on peut ressortir du cinéma de Carla Simón, c’est celle de la famille. Source inépuisable d’histoires, il s’y joue des conflits, des traumas basés sur des non-dits, en bref des relations complexes que beaucoup d’artistes aiment explorer. C’est donc le cas de Simón, ne se cachant d’ailleurs pas d’utiliser son propre vécu familial pour créer. Son premier long-métrage, Estiu 1993, a été présenté comme une production autobiographique retraçant les difficultés de la réalisatrice à faire son deuil. Avec Romería, elle plonge une nouvelle fois dans les eaux troubles de son passé et nous offre un récit initiatique et personnel sur l’identité.

    Le film débute sur une quête. Marina, jeune femme de 18 ans, se pose des questions sur les parents qu’elle n’a jamais connu. Qui serais-je si j’avais grandi dans la famille de mon père ? Désireuse d’obtenir des papiers officialisant son lien du sang avec feu son père, elle embarque pour Vigo, ville située en Galice, sur la côte du nord-ouest de l’Espagne. Là, elle rencontre tour à tour différents membres de sa famille qui vont, chacun·es, répondre à ses interrogations. Elle se rend alors compte que des choses lui ont été cachées, la motivant d’autant plus à recouvrir toute la vérité. Le métrage bascule ensuite sur un rêve fiévreux où les fantômes s’animent.

    Dans sa construction, il donne à voir une histoire très personnelle. Caméscope à la main, Marina filme les paysages qui l’entourent. Les images capturées sont superposées par des entrées du journal intime de sa mère lues à voix haute. Ainsi, sans qu’elle n’aparaisse à l’écran, cette mère est présente et vit à travers le voyage de sa fille. Les chapitrages articulent les événements autour des questions que Marina se pose, tant sur les liens familiaux que sur la jeunesse de ses parents, celle des années 80. Il en résulte une oeuvre émotionnellement puissante qui, plus que de nous faire voir, nous fait ressentir par les mots et la tension entre colère et impuissance.

    Débutant comme un récit initiatique, Romería finit par développer des thématiques profondes, comme les conventions dans une Espagne post-état franquiste. Ces conventions traditionnelles et patriarcales agissent directement sur la dissimulation de certaines situations pour éviter à tout prix un entachement de l’honneur des familles de hautes classes. Le silence a des répercussions bien réelles, surtout lorsqu’il est transmis de génération en génération. Carla Simón nous le fait comprendre avec ce film sensible, tantôt surréaliste, tantôt ancré dans une réalité sans artifices.

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    RomeríaRéalisatrice : Carla SimónGenre : DrameActeurs et actrices : Llúcia Garcia, Mitch, Tristán UlloaNationalités : Espagne, AllemagneDate de sortie : 29 avril 2026 S'il y a bien une thématique que l'on peut ressortir du cinéma de Carla Simón, c'est celle de la famille. Source inépuisable...Romería, renouer avec ses fantômes