Rencontre avec Vincent Peignart-Mancini , chanteur du groupe AqME

Dévisager Dieu, le nouvel album de AqME vient  de sortir pour notre plus grande joie.  (retrouvez la chronique de l’album en cliquant ici)

Ce disque est le premier album studio avec Vincent Peignart-Mancini, le nouveau chanteur du groupe.

Nous avons décidé de lui poser quelques questions au sujet de son arrivée au sein du groupe il y a trois ans et de ce nouvel album.

Bonjour Vincent. Merci de nous accorder cet interview.

Alors, pour commencer, je voudrais parler de tes débuts dans le groupe.

Tu es arrivé il y a trois ans suite au départ de Thomas, le chanteur original de AqME.
Comment cela s’est-il passé ?

Alors, au départ, je connaissais Charlotte et Julien que je croisais régulièrement dans des soirées parisiennes un peu alcoolisées.

Et un jour, j’ai reçu un texto de la part de Charlotte me demandant si je voulais venir boire un verre avec eux pour discuter.

Au début, je ne comprenais pas trop pourquoi. Puis j’ai fait le rapprochement avec le départ de Thomas.

Ensuite, on s’est revu le temps d’un concert et donc j’ai accepté leur proposition en me disant que ce serait bête de mourir con. Donc j’ai essayé et le feeling est passé sans soucis. Voilà comment tout a commencé.

Avais-tu des appréhensions par rapport au fait de décevoir les membres du groupes ?

Oui, au départ, il y a cette peur de ne pas y arriver. Il faut rappeler que je suis arrivé pour défendre un album assez conséquent. La barre était très haute. On a donc beaucoup bossé tous ensemble et mes collègues musiciens m’ont beaucoup soutenu. Après cela, il y eut de belles tournées et cette chance, enfin, de pouvoir rentrer en studio et d’être 24h/24 ensemble pour travailler sur ce nouvel album et pouvoir partager énormément de bons moments.Ca fait beaucoup de bien.

Est-ce que tu as ressenti une petite appréhension de la part des fans quand tu es arrivé pour défendre l’album sur scène?

Oui, il est vrai que mon arrivée a semé le doute au sein du public. Au début, les fans sont restés très observateurs. Puis, peu à peu, le contact est revenu et la tournée s’est donc très bien terminée.

C’est aussi pour cela qu’on est impatients de commencer la nouvelle tournée pour voir où on en est et si les fans ont été convaincus par le nouvel album.

Alors, les fans n’en savent peut-être pas assez sur ton parcours. Que faisais-tu avant AqME ?

 J’avais en fait déjà deux autres groupes dont je fais toujours partie à savoir The Butcher’s Rodeo et Noswad.

On doit donc travailler en parallèle et ajuster les agendas en fonction de chacun.

Cela demande pas mal d’organisation et beaucoup de compréhension de la part de ma chère et tendre.

Parlons d’ailleurs de cet album : Dévisager Dieu.

On sent que depuis l’arrivée de Julien Hekking à la guitare, vous avez essayé de travailler vos morceaux différemment avec plus de profondeur et de nuances. Des passages avec plusieurs guitares qui rendent les mélodies plus travaillées qu’auparavant. C’est un réel changement par rapport aux anciens albums.

 Oui, je suis assez d’accord avec toi. On ressent une atmosphère particulière à chaque album et c’est vraiment agréable.

Au niveau des paroles, tu as dû te fondre un peu dans le style qu’utilisait Thomas ? Ou tu as pu trouver ta méthode et ta façon de t’exprimer sur ce nouvel album ?

Non, je n’ai pas essayé de copier ce qui avait été fait. Je pense que la musique inspire beaucoup les paroles. On a une atmosphère qui joue beaucoup sur le résultat. Au début, effectivement, j’ai éprouvé des difficultés car Thomas avait bâti quelque chose d’énorme au fil des ans dans AqME. Il a donc fallu que je trouve ma voie et que je peaufine le tout avec l’ensemble du groupe pour avoir un peu de recul, mais quand je suis parti, tout a coulé de source. Au final, ces textes ont l’air de vraiment parler aux gens, donc le but est atteint.

J’ai un peu suivi l’enregistrement de l’album sur votre page Facebook. Cela m’a semblé assez rapide, finalement. Comment ça s’est passé concrètement ?

En fait, on a travaillé pendant deux ans sur l’écriture de ce disque. On a composé 17 morceaux et sélectionné les 9 meilleurs. On a donc privilégié la qualité à la quantité. Au final, on s’est simplement posé les bonnes questions : « Est-ce que c’est bien ? Est-ce que c’est vraiment ça que l’on veut faire ? »

Et pas « Est-ce qu’on va en mettre plein la vue ? ou faire un truc compliqué ? »

Tout s’est fait au feeling. Si en jouant les morceaux, on se disait « là, ce break, je ne l’ai pas senti », alors on ne le gardait pas.

Parles-nous de la pochette de ce disque, celle-ci parait plus sobre que les autres mais diablement efficace !

Qui l’a conçue ?

Il s’agit de Stéphane Casier qui travaille au Yeaaah Studio (www.yeaaah-studio.com). C’est un artiste avec qui j’ai déjà collaboré pour un disque de The Butcher’s Rodeo. Il a aussi fait la pochette de quelques albums de Superbus et est donc reconnu dans le milieu.

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Vous avez eu de bons retours sur ce disque de la part de la presse ? 

Oui, dans l’ensemble, on peut dire que c’est très positif et on espère que cet album va nous permettre de tourner davantage en 2015 aussi bien en salles qu’en festivals.

Justement, en parlant de tournée, vous serez le 12 décembre au Salon à Silly. 

Est-ce que vous ressentez une différence avec le public belge par rapport au public français ou suisse ?

Disons que tous les publics sont différents. Si tu prends le cas de la France, on ne va pas ressentir la même chose avec un public du nord, du sud, de l’ouest ou de l’est du pays. En Belgique, c’est assez marrant car c’est soit zéro ou un. Les gens, parfois, sont très calmes. Puis, tout à coup, ils vont devenir complètement fous. Les belges sont des gens entiers et c’est  quelque chose d’assez appréciable.

Est-ce que vous avez déjà essayé de jouer dan des pays dont la langue maternelle n’est pas le Français ?

Oui, on a joué en Allemagne par exemple. Et c’est intéressant justement de pouvoir s’exporter en français. On a une sonorité différente des autres. Et donc ça amène les gens à être davantage curieux.

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Pour en revenir à la France, je ne te cache pas que nous, les belges, on a parfois du mal à comprendre le point de vue défendu par certains qui disent que le metal est une musique de satanistes, que le Hellfest par exemple est un événement destiné à faire des messes noires ou à honorer Satan.

Quand on voit le combat de Patrick Roy par exemple pour défendre les valeurs du rock auprès du gouvernement français, cela paraît aberrant pour nous qui allons connaître la 20ème édition du Graspop l’été prochain.

Comment vois-tu l’évolution de la scène rock  au fil des ans et des moyens qui sont mis pour favoriser la création artistique aujourd’hui?

Avant, il y avait beaucoup plus d’efforts qui étaient entrepris pour favoriser le développement des groupes. On avait beaucoup plus de concerts, les cachets étaient plus élevés, les groupes tournaient tout le temps parce que les gens se déplaçaient pour venir voir les artistes, on avait des passages en télé et en radio,…

Aujourd’hui, il n’y a plus rien de tout cela.

Et au niveau financier, est-ce que le fait d’être reconnus comme vous l’êtes permet de vraiment vivre le rêve de rock star qu’ont les groupes qui débutent?

On a parfois cette impression quand on voit des artistes comme Stromae (qui vient de rafler douze disques de platine chez nous) que le métier de musicien est quelque chose qui rapporte beaucoup.

Non, en ce qui nous concerne, on a tous un boulot à côté et ce métier d’artiste est en fait un petit plus qui nous permet de survivre et de continuer à faire ce qu’on aime.

Je sais ce que tu veux dire car j’ai vu beaucoup de petits groupes qui jouaient dans leur ville penser que l’affaire était dans le sac. Alors que s’ils allaient hors de chez eux, ils verraient que ce n’est pas un métier facile.

Est-ce que tu penses que l’arrivée du format digital a un peu détruit cet engouement qu’avait le public autrefois? (Dû au fait de consommer la musique différemment et ne plus prendre le temps d’apprécier un disque)

Je pense que le meilleur moyen d’apprécier un disque c’est le format vinyle ou cd pour avoir de la bonne qualité.

Après, il est vrai que toute cette évolution a peut-être  poussé certain à faire des pochettes plus destinées à devenir quelque chose de collector pour attirer le public à acheter la version physique de leur album.

Quoi qu’il en soit, nous te remercions pour cet interview très pertinente et nous recommandons chaudement ce nouveau disque, Dévisager Dieu.

A très bientôt sur la route!

 

Pour plus d’infos: www.aqme.com

 

 

Voici donc les prochaines dates de tournée de AqME. Ne les manquez pas!

 

aqme tour

Christophe Pauly
A propos Christophe Pauly 485 Articles
Journaliste et photographe du Suricate Magazine

2 Rétroliens / Pings

  1. AqME : Dévisager Dieu • Le Suricate Magazine
  2. Gagnez l'un des deux exemplaires dédicacés du nouvel album d'AqME • Le Suricate Magazine

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