Rencontre avec Didier Bourdon pour Les Profs 2

Dans la suite du succès populaire Les Profs, Didier Bourdon remplace Christian Clavier dans le rôle du prof fainénant Cutiro (ou Tirocu). Il était présent en Belgique pour parler de son film mais aussi d’un ou deux projets en cours. Entretien avec un Inconnu sympathique.


Vous jouez, donc, dans The Profs 2, comment êtes-vous arrivés dans cet aventure ?

PEF m’a appelé et il voulait que ce soit moi. Malgré des problèmes de dates, on a pu se débrouiller et quand j’ai pu me libérer, j’ai senti que son enthousiasme était sincère. Cela fait toujours plaisir d’être désiré et aimé.

PEF m’a dit que vous étiez aussi très content de rejoindre le tournage, car vous étiez très fan du premier.

Exactement, je l’avais beaucoup aimé et j’ai trouvé aussi que la partition du Tirocu dans le deuxième était très intéressante. C’est un film choral, mais on a tous notre propre partition. Celle de Tirocu est très drôle et, de plus, sans tout dévoiler, elle est très belle, car c’est aussi le prof qui va le plus changer et remporter la mission.

Comment fait-on pour reprendre un rôle présent dans une BD et déjà créé par un autre acteur ?

Au contraire, c’est parce que ça vient d’une BD que c’est possible. Je n’aurais, par exemple, pas pu reprendre le rôle de Jacquouille la Fripouille dans Les Visiteurs. Ils avaient d’ailleurs déjà eu le problème pour remplacer Valérie Lemercier. Ce sont des personnages marqués par l’acteur ou par l’actrice. Il faut, bien sûr, être à la hauteur, mais ce sont des personnages de BD, qui peuvent donc être interprétés de différentes manières. Pour ma part, je me suis éloigné du rôle original en créant un personnage de baba cool.

Avez-vous eu beaucoup de libertés pour créer ce personnage de baba cool ?

Oui, PEF a adoré cette idée et il a pris ensuite, toutes les idées que je lui proposais. Il m’a même rappelé le côté baba cool du personnage sur le tournage, car j’avais parfois peur d’aller trop lentement et lui m’encourageait à en faire plus. Ce n’est pas facile à jouer un mec qui a envie d’en faire le moins possible alors qu’en même temps, l’acteur est tendu intérieurement.

Comment s’est déroulé le tournage au milieu de tous ces jeunes et de tous ces acteurs qui jouent des profs ayant tous de fameux caractères ? Comment trouve-ton sa place au milieu de tout ça ?

Très bien, on s’entend tous très bien et PEF y est pour beaucoup, bien sûr ! Je trouve que tout cela se sent à l’écran. C’est aussi, je pense, cette complicité qui a contribué au succès du premier.

Par rapport aux jeunes acteurs, et plus particulièrement Kev Adams, comment s’est déroulé le tournage ? Etiez-vous un peu les profs et eux les élèves ?

(Rires) Il y a un peu le même rapport du respect de l’âge. Mais ils étaient autour de nous, vivaient pleinement le tournage et ils ont eu la larme à l’œil quand il était terminé. Concernant Kev Adams, j’ai beaucoup apprécié cet artiste, parce qu’il a un respect pour les anciens qui est sincère, il a une véritable admiration pour mon travail et il est le premier à écouter les plus expérimentés. Il connait son métier, il relativise son succès et je pense qu’il ira loin !

PEF a trois casquettes sur le tournage, il est aussi bien le chef du projet qu’un compagnon de jeu, comment se passent les relations avec lui ?

Tout s’est bien passé. De temps en temps, c’est Arnaud Ducret qui le dirigeait pendant ces scènes ou même nous, tous les profs. Ensuite il y a aussi le combo (petit enregistreur diffusant l’image et le son issu de la prise tournée via la reprise vidéo de la caméra principale, ndlr, source : Wikipédia) qui aide beaucoup. Avec Les Inconnus, on a eu aussi souvent cette triple casquette. C’est joyeux et cela amène beaucoup de plaisir, mais c’est effectivement difficile et cela demande bien sûr beaucoup d’énergie. L’essentiel est aussi de bien se préparer.

Vous avez un projet de film en cours, c’est Le Grand Partage d’Alexandra Leclère. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Je ne l’ai pas encore vu mais on m’a dit qu’il était réussi. Le sujet est malheureusement d’actualité. En période hivernal, un décret oblige ceux qui ont beaucoup de m2 d’accepter ceux qui sont à la rue, par exemple les migrants. Avec Karin Viard, on joue un couple de bourgeois et mon personnage est intéressant car au début il est odieux et il apprend au fur et à mesure à regarder les évènements différemment et de changer ses jugements trop rapides. Avec Alexandra Leclère c’est, bien sûr, toujours très acide, ça ne se termine pas d’une manière fleur bleue mais il y a quelques parcours très beaux.

Vous avez fait la musique pour certains de vos films…

J’ai écrit beaucoup de chansons pour les Inconnus ou nos films. J’aime bien la musique et j’aurais pu être musicien si je n’avais pas été comédien. J’ai, en ce moment un projet d’album. Il est bientôt prêt et je vais profiter de l’été pour le finir. Le problème, c’est que je ne sais pas vraiment comment vendre un album à l’heure actuelle. Je travaille avec mon fils pour trouver des idées. Il va par exemple, travailler sur un clip. On me propose aussi de faire une scène, que je préfèrerais confidentielle, mais j’hésite. Aurai-je aussi le temps ? Mais, si je me lance dans la scène, ce serait peut-être l’occasion de mettre des sketchs entre les chansons.

Quel est le concept de l’album ?

L’album s’appellera L’Art Majeur, en référence au discours de Gainsbourg qui disait que la musique est un art mineur, mais la connerie un art majeur. Il y a des chansons qui voguent entre l’humour et la poésie, entre ce qu’on faisait avec Les Inconnus et des chansons plus intimes. Ce sont deux façons de voir la vie de manière un peu décalée.

D’autres projets ?

Je n’aime pas trop en parler, pour les protéger, c’est une sorte de superstition. Il y aura du cinéma, du théâtre, etc.

Loïc Smars
A propos Loïc Smars 304 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine

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