Nous Quatre, un road movie plein d’humanité

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Nous Quatre

de Stéphane Henocque

Comédie dramatique

Avec Pierre Olivier, Justine Louis, François Huberty, Florian Paque

Sorti le 28 septembre 2016

C’est une merveilleuse histoire que nous narre le réalisateur liégeois Stéphane Henocque dans son deuxième long-métrage Nous Quatre. Mais toute la beauté de cette oeuvre, et surtout toute sa sensibilité, ne sont pas simplement le fruit d’un scénario qui semble, finalement, pour le moins banal. Cette comédie dramatique raconte, en effet, l’histoire de David qui, atteint d’une maladie grave et en attente d’une greffe de la moelle osseuse, décide de partir à la recherche de son père biologique. Il embarque avec, dans cette grande aventure, ses trois meilleurs amis qu’il a perdus de vue depuis deux ans. Mais les temps ont changé et le groupe n’est plus aussi soudé qu’auparavant.

Le synopsis est donc celui d’un road movie comme on en connait beaucoup d’autres. Mais celui-ci a la particularité d’être produit par une équipe cinématographique complètement bénévole, durant un temps restreint et avec un budget atrocement serré. Pour la petite histoire, Stéphane Henocque, à qui le projet tenait à coeur depuis un certain temps, a rassemblé une petit groupe de techniciens et de comédiens avec lesquels il a tourné à travers toute la Belgique grâce à des fonds récoltés via la technique du crowdfunding.

L’originalité de ce film ne relève pas seulement de l’histoire de son tournage. Nous Quatre, à la croisée de trois genres cinématographiques distincts mais pas incompatibles, joue sur plusieurs plans. C’est d’abord une comédie dramatique dont les dialogues très bien ficelés apportent un peu de peps et d’humour au sombre destin qu’est celui de David. Mais c’est également un buddy movie qui, sur une bande sonore on ne peut plus appropriée, emplit le spectateur d’une bonne dose de nostalgie, en retraçant une belle histoire d’amitié. Nous Quatre, c’est aussi et surtout un road movie tourné en Belgique. Un jour à Namur, l’autre à Bruges, en passant par les Ardennes, les plans filmés à partir d’un drone empruntent à Bouli Lanners toute la poésie qu’on lui doit.

Si l’amateurisme se fait pourtant encore sentir dans certaines scènes et performances, l’ensemble du film paraît professionnel, ce qui est épatant. Nous Quatre prouve qu’il ne faut pas forcément s’appeler Coppola et avoir un compte en banque bien étoffé pour se retrouver sur le grand écran. Alors quitte à mettre de l’argent dans l’industrie du cinéma, autant que celui-ci profite à un réalisateur bien de chez nous qui croit en ses rêves.

Cheyenne Quévy
A propos Cheyenne Quévy 59 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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