Nu civil au Théâtre de la Balsamine

Texte et  mise en scène de Jean-Baptiste Calame avec Céline Beigbeder, Lucie Debay, Arthur Egloff, Emile Falk-Blin, Morgane Naas, Céline Ohrel, Sophie Sénécaut

Du 20 octobre au 21 novembre 2014 à 20h30 au Théâtre de la Balsamine

Dans le cadre du Festival Nos petites Madeleines, qui réunit toute une série d’artistes autour de la réflexion de la mémoire, le théâtre de la Balsamine propose une série de pièces de théâtre dont celle de Jean-Baptiste Calame et de sa jeune troupe Les Viandes Magnétiques. Elle est composée de jeunes acteurs, aux talents très divers mais que l’on sent néanmoins habités par l’esprit de leur création : on sent qu’ils aiment ce qu’ils font, qu’ils y croient mais surtout qu’ils le vivent.

En arrivant dans l’amphithéâtre pour gagner sa place, on s’aperçoit que les acteurs sont déjà en place sur scène. Ils végètent dans des tenues dépareillées avec de grotesques perruques qui se décrochent, qui tombent parfois devenant par la suite des instruments de jeu. On nous prévient que les lumières de la salle resteront allumées et que si quelqu’un a envie de se déplacer dans la salle ou même de partir, tout est permis. Le ton est donné.

Il s’agit d’une pièce qu’on pourrait dire interactive dans le sens où le public fait partie intégrante de l’histoire : au gré des bruitages émis par celui-ci malgré lui, les acteurs réagissent aux éternuements, répercutent les toussotements, dupliquent les rires… L’idée que l’on perçoit est l’envie de cette compagnie de raconter une histoire à un ami intime, jusqu’à ce qu’il fasse partie intégrante de la scène à son tour.

Malheureusement, le projet est un peu ambitieux comparé au résultat. Tout dépend en effet du public. La réussite de cette représentation dépend en grande partie des réactions des spectateurs qui y assistent. Mais les groupes ne réagissent pas de la même manière, certains se laisseront emportés tandis que d’autres resteront stoïques.
Quelquefois, le surréalisme est tel que l’on se perd complètement en cours de route. Chaque individu n’est pas défini par son personnage car chacun prendra la place ou le rôle de la conscience traductrice de l’autre. On tente de nous plonger dans un univers qui nous présente, au-delà de la radioactivité, un monde où les gens ne s’écoutent plus. De fait, les dialogues sont interrompus dès que la parole de l’un des protagonistes ne présente qu’une solution égoïste. Le discours est donc parfois très bégayant pour représenter les gens qui, se repliant sur eux-mêmes, en perdent l’habitude de s’exprimer.

Il y a tellement de choses qui se passent dans tous les recoins de la scène que l’on ne suit plus l’histoire, le regard se perd et voyage d’un personnage à l’autre et sur les innombrables objets qui jonchent le sol et tout cela fait un peu perdre notre concentration.

Toujours est-il que cette pièce de théâtre reste moderne et dynamique, complètement déjantée et carrément surréaliste où l’on passe en définitive un agréable moment.

 

Daphné Troniseck
A propos Daphné Troniseck 249 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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