Mécanique céleste, les jeux du cirque du futur

Scénario : Merwan
Dessin : Merwan
Éditeur : Dargaud
Sortie : 27 septembre 2019
Genre : Science-fiction

Les éditions Dargaud publient en ce mois de septembre une œuvre intéressante de Merwan, un auteur ayant débuté dans l’animation et qui a déjà plusieurs collaborations à son actif comme Pour l’empire ou Pistouvi. Avec Mécanique céleste, l’auteur nous propose un univers post-apocalyptique qui, sans être à 100% original, se démarque néanmoins des autres productions du genre.

On suit le parcours d’Aster, qui survit en marge de la cité agricole de Pan, avec l’aide de son ami Wallis. L’équilibre fragile de la communauté bascule à l’arrivée d’un émissaire de la puissante république militaire de Fortuna, qui exige le rattachement de Pan à Fortuna ainsi qu’un tribut de nourriture sous peine d’envahir leur cité par la force. Dos au mur, les habitants de Pan s’en remettent à la mystérieuse Mécanique Céleste pour arbitrer leur destin…

Loin du sable ou de la banquise

Avec Mécanique céleste,  Merwan veut apporter un peu de fraîcheur et de nouveauté dans l’univers post-apocalyptique tel que l’on se le représente généralement. Tout d’abord, le monde dans lequel évoluent les acteurs de ce récit, même s’il est post-apocalyptique ne ressemble en rien à celui d’un Mad Max ou d’un Transperceneige. Ici, point de désert brûlant ou de paysages glacés, mais plutôt une forêt luxuriante qui nous ferait plus penser à celle de Hunger Games. La toponymie des lieux s’inspire quant à elle de l’Antiquité romaine, avec les cités de Pan et de Cérès, ou la république militaire de Fortuna, pendant futuriste de la Rome antique. Autre point commun avec l’Antiquité, l’attrait exacerbé des habitants de Fortuna pour les jeux du cirque, renommé ici mécanique céleste.

Hunger Games?

Comme dans Hunger Games, on retrouve aussi l’idée d’une héroïne qui se découvre dans l’adversité et qui, par son courage, va faire basculer tout un système dictatorial et devenir l’idole parmi les opprimés et les oubliés du système. Néanmoins, face à ce léger manque d’originalité, le lecteur aurait tort de bouder son plaisir, car le récit est assez plaisant, le rythme est soutenu et les scènes d’action de la mécanique céleste nous poussent le lecteur à dévorer ce recueil d’une traite. D’autre part, le traitement graphique de l’histoire est très soigné, tant au niveau du dessin que de la mise en couleur.

Mécanique céleste est donc autant un régal pour les yeux qu’un bon récit d’action. Si au final il ne révolutionne pas le genre au niveau du scénario, il faut souligner la parfaite maîtrise de l’auteur du storyboarding, ce qui rend ce récit extrêmement agréable à lire.

Vincent Penninckx
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Journaliste du Suricate Magazine