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    Les Malarazza : la grande saga italienne qu’on n’attendait plus

    Bienvenue à Castellammare del Golfo, en Sicile, à la veille de l’unification italienne. Les Montaldo, famille de notables propriétaires terriens, décident de tout quitter pour s’embarquer vers New York. Officiellement, l’objectif est de se construire une nouvelle vie, encouragé par l’appel du Nouveau Monde. Officieusement, ils sont plutôt en train de fuir les troubles politiques et une mise à prix embarrassante sur la tête du patriarche. De Palerme aux rues encombrées de Manhattan, Ugo Barbàra convoque plus de 600 pages d’aventure, de romance, de secrets de famille et de vengeance.

    Une saga qui sent le citron, le jasmin et les pavés palermitains. De quoi occuper votre été.

    Dès les premières pages, le décor est planté: Les Malarazza sent l’Italie. Mais pas la typique carte postale touristique, non. La vraie Italie, celle des palmiers de Palerme qui frémissent sous le vent du soir, des ruelles où la chaleur colle aux pierres, des familles siciliennes où l’honneur se transmet comme un héritage aussi précieux que les terres. Barbàra réussit ce que peu d’auteurs parviennent à faire : créer un décor si vivant, si charnel, qu’on s’y installe comme chez soi dès les premières lignes. On est happé. Immédiatement.

    Et c’est là que le métier entre en jeu. Car Ugo Barbàra n’est pas romancier de formation mais scénariste et une fois qu’on le sait, ça se sent à chaque tournant du récit. Les Malarazza est digne d’un feuilleton télévisé dans lequel chaque fin d’épisode foisonne de révélations ou d’intrigues.

    Entre toutes les péripéties familiales, l’auteur rajoute une couche plus sérieuse avec un contexte historique, politique même, traité avec précision sans jamais alourdir le récit. On ne lit pas seulement le destin des Montaldo : on assiste à la naissance d’une Italie moderne.

    Le voyage vers l’Amérique constitue l’autre colonne vertébrale du roman. La migration des Européens vers l’Amérique signe la réussite pour ceux qui avaient déjà de l’argent ; pour les autres, c’est à nouveau le cycle de la débrouille et de la famine. Barbàra ne romance pas cette traversée. Il montre les deux Amériques : celle des arrivants qui reconstituent une Italie en miniature à New York, avec leurs codes, leur sens des affaires et leur sens de l’honneur et celle des laissés-pour-compte que la promesse du Nouveau Monde aura trompés.

    Parmi la galerie de portraits, les personnages qui auront eu le plus de caractère sont les femmes, qui font preuve de courage, d’adaptation et d’émancipation. La figure de Rosaria Battaglia, épouse du patriarche Antonio Montaldo, s’impose comme une vraie girlboss. C’est elle qui tient, qui adapte, qui survit là où les hommes s’emballent dans leurs points d’honneur ou leurs ambitions démesurées. Ce déséquilibre n’est pas un défaut : il reflète une vérité historique et humaine, et il offre au roman ses moments les plus touchants.

    Quant aux fameux secrets de famille, on ne vous spoilera pas mais la révélation arrive au bon moment, ni trop tôt ni trop tard, avec cette petite satisfaction du lecteur qui voit les pièces du puzzle s’emboîter précisément là où il le pressentait sans l’anticiper tout à fait.

    Bref, malgré l’épaisseur de ce livre, on ne s’ennuie pas. C’est peut-être le plus beau compliment qu’on puisse faire à ce roman : sa longueur ne pèse jamais. On tourne les pages avec ce plaisir simple et précieux de vouloir savoir la suite.

    Apparemment premier ouvrage de Barbàra traduit en français, Les Malarazza confirme ce que le succès en librairie en Italie laissait entendre : son auteur sait raconter des histoires. C’est l’histoire d’un peuple en mouvement, d’une identité qui se reconstruit de l’autre côté de l’océan, d’une Sicile qu’on emporte avec soi même quand on la quitte.

    Il n’y a plus qu’à attendre patiemment que ses autres romans soient traduits ! (Sauf pour ceux qui veulent tester la complète expérience immersive et les découvrir en italien)

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    Titre : Les MalarazzaAuteur.ice : Ugo BarbaraÉditeur : FolioDate de parution : 9 avril 2026Genre : Roman Bienvenue à Castellammare del Golfo, en Sicile, à la veille de l'unification italienne. Les Montaldo, famille de notables propriétaires terriens, décident de tout quitter pour s'embarquer vers New York. Officiellement, l’objectif est de...Les Malarazza : la grande saga italienne qu'on n'attendait plus