Léa Belooussovitch, l’art dans un monde de brutes

Détail de "Manchester, Royaume-Uni, 22 mai 2017", © Lea_Belooussovitch
Détail de "Manchester, Royaume-Uni, 22 mai 2017", © Lea_Belooussovitch

L’artiste Léa Belooussovitch expose en solo sa perception de l’actualité à la Galerie Esther Verhaeghe-Art Concepts à Bruxelles, jusqu’au 16 février 2019. À travers elle, les évènements les plus tragiques (attentats, mise à mort…) sont épurés et sublimés. Ayant récemment reçu le Prix Jeunes Artistes du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2018, elle partage avec Le Suricate sa perception des opportunités que Bruxelles offre aux jeunes artistes.

L’exposition Percepts de Léa Belooussovitch est basée sur des images de presse ou des images trouvées sur internet qui ont été transformées par le dessin, les pochoirs et la photo. Le premier pôle de l’exposition retranscrit des paroles, dénichées en libre accès sur internet, de condamnés à la peine capitale au Texas, juste avant leur mort. Ensuite, l’artiste s’attaque aux violences et aux bavures policières en montant un dossier photographique à partir de vidéos prises sur le vif par des témoins directs de ces scènes. La troisième partie présente des feutres colorés aux crayons de couleurs à partir de photos de presse d’évènements dramatiques, tels que l’attentat lors du concert d’Ariana Grande à Manchester en mai 2017.  L’ensemble interroge sur les images de plus en plus dures auquel le public est confronté dans les médias.

photographie de Léa Belooussovitch

Lea Belooussovitch explique ainsi son choix des matériaux de presse, souvent hyper violents :

Je choisis des photos qui ne devraient pas exister.

Attachée aux concepts de dignité et d’humanité, elle réfléchit et cherche à faire réfléchir sur l’éthique des médias et le rôle de l’image :

 Est-ce que ne pas voir nous informe plus que de tout voir ?

Très friande des médias et de l’actualité, même si cela a pu la conduire à un sentiment d’envahissement, elle souhaite inscrire cette exposition et sa carrière dans la production de sens.

Recevoir le Prix Jeunes Artistes du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2018 a été très important en termes de visibilité, de reconnaissance, et sur le plan financier, pour cette jeune artiste française de vingt-neuf ans qui vit et travaille à Bruxelles. Diplômée de ENSAV la Cambre en 2014, elle indique que sa première résidence (Moonens) « l’a fait décoller », en particulier grâce aux rencontres avec des collectionneurs et des commissaires d’exposition.

Sachant que la fin de ses études constituait un moment crucial et consciente du caractère social du métier d’artiste, elle a multiplié les initiatives pour trouver sa place et prendre un bon départ, en s’associant notamment avec d’autres artistes au sein du collectif « La Friche » pour exposer dans des endroits de Bruxelles (encore) en friche. Bruxelles lui semble d’ailleurs présenter plus de liberté et d’opportunités pour les jeunes artistes, comparé à Paris où sévit une compétition féroce et une tendance vers un plus grand formatage des artistes. Elle apprécie les possibilités de postuler à des prix, des concours, de voyager et de participer à des résidences internationales que lui confère son statut de jeune artiste.

L’exposition Percepts dure un mois et un « finissage » de l’exposition est prévu le 14 février de 17 à 19 h.

Infos pratiques

  • Où ?  Galerie Esther Verhaeghe-Art Concepts, place du Châtelain 37, 1050 Bruxelles.
  • Quand ? Du 15 janvier au 16 février 2019, du lundi au mercredi
    de 14h30 à 17h, jeudi et vendredi de 11h à 12h30 et de 14h30 à 18h, le weekend de 12h à 18h, et sur rendez-vous).
  • Combien ? Gratuit.
Myriam Watson
A propos Myriam Watson 22 Articles
Journaliste du Suricate Magazine